Le zajal, poésie déclamée du Liban, sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco

Capture d'écran d'une soirée de zajal diffusée il y a plusieurs années sur la chaîne Télé Liban.

Capture d’écran d’une soirée de zajal diffusée il y a plusieurs années sur la chaîne Télé Liban.

27/11/2014, OLJ/AFP

CULTURE « Les joutes poétiques servent de soupape de sécurité et aident à résoudre les conflits et à renforcer la cohésion sociale », a estimé l’Unesco.

L’Unesco a annoncé jeudi avoir inscrit sur la liste du patrimoine culturel de l’humanité la poésie déclamée ou chantée du zajal au Liban, tradition unique dans la région du Moyen-Orient. « C’est la première fois que le Liban présente une candidature pour figurer sur la liste du patrimoine immatériel » de l’Unesco, a déclaré à l’AFP Milia Jabbour, délégué permanent adjoint de son pays auprès de l’Unesco.

Le zajal est une forme de poésie populaire libanaise déclamée ou chantée lors de célébrations sociales et familiales et au quotidien. Lors des joutes poétiques, les troupes de poètes récitent des couplets, souvent sous la forme de défis au rythme du tambourin et de la derbouka.

Parmi ceux qui ont laissé leur empreinte dans le monde de cet art traditionnel libanais, nous citons le poète Emile Noun, le célèbre Zaghloul el-Damour et ses compagnons, et le chorégraphe et poète Alain Merheb qui était un fin connaisseur en matière de zajal.

« Les joutes poétiques servent de soupape de sécurité et aident à résoudre les conflits et à renforcer la cohésion sociale », a estimé l’Unesco. « Cette tradition est unique parmi les pays du Proche-Orient, elle est partagée par la ville et la campagne, et se transmet de génération en génération », a souligné Milia Jabbour. Elle a indiqué que le Liban pourrait présenter à l’avenir une candidature conjointe avec d’autres pays voisins pour la dabké, la danse traditionnelle de la région.

Zajal entre Fayrouz et Nasri Chamseddine

Zajal entre Wadih el-Safi et le célèbre Zaghloul el-Damour et ses compagnons

Une autre danse du Moyen-Orient, Al-Ayyala, dont la candidature conjointe avait été présentée par les Emirats Arabes Unis et le sultanat d’Oman, a également été inscrite jeudi sur la liste prestigieuse.
Al-Ayyala mêle la poésie chantée, la musique des tambours et la danse, et simule une bataille, deux rangées d’hommes se faisant face en tenant de minces cannes en bambou qui symbolisent des lances ou des épées. « Nous espérons que l’inscription d’Al-Ayyala sur la liste encouragera son développement, surtout auprès des jeunes générations », a déclaré à l’AFP Samira Al-Moussa, ambassadrice du sultanat d’Oman auprès de l’Unesco.

Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba en Algérie, qui constituent selon l’Unesco une expression de l’identité culturelle des Touaregs qui vivent dans le Sahara algérien, ont été également inscrits sur la liste.
La candidature du Maroc pour les pratiques et le savoir-faire liés à l’arganier a également été retenue.

Le comité de l’Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel devait achever vendredi une réunion de cinq jours à Paris au cours de laquelle il a examiné une quarantaine de candidatures pour l’inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Depuis 2003, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) établit une liste de ces traditions, parfois menacées de dégradation ou de disparition, distincte de celle des sites naturels ou culturels.

Source : L’Orient Le Jour