Des espaces beyrouthins dans les « tops » de la presse internationale

La librairie Papercup à Mar Mikhaël

La librairie Papercup à Mar Mikhaël

Nour Braïdy | OLJ, 08/09/2014

Si le Liban est fréquemment poussé à la une de la presse internationale par des histoires glauques (décapitations, attentats, crise politique), il arrive aussi que Beyrouth se fasse remarquer pour des nouvelles autrement plus positives. Ces derniers jours, ce sont un institut universitaire et une librairie qui ont les honneurs de la presse internationale.

Ainsi, l’Institut Issam Farès pour les politiques publiques et affaires internationales s’est fait une place dans le classement établi par Architecture Digest (AD), une publication de référence dans le secteur des meilleurs bâtiments universitaires récents à travers le monde.
Cet édifice, qui se trouve sur le campus de l’Université américaine de Beyrouth, a été conçu par l’architecte irakienne de renom, Zaha Hadid, elle-même ancienne étudiante de l’AUB. « Comme d’habitude, la conception dynamique de Zaha Hadid semble être en mouvement, avec ses fenêtres en forme de parallélogramme », écrit AD.

Dans le palmarès établi par le magazine, on trouve un autre bâtiment conçu par Zaha Hadid, la bibliothèque et le centre d’apprentissage de l’Université de Vienne. Figurent également dans le « Top 9 » d’AD le centre Saw Swee Hock de la London School of Economics ou encore un centre de la prestigieuse Université de Yale.

L'institut Issam Fares à l'AUB

L’institut Issam Fares à l’AUB

L’Institut Issam Farès, une bâtisse de 3 000 mètres carrés, a été inauguré le 29 mai 2014. « Ce bâtiment affirme avec certitude que nous ne sommes pas une université qui reste ancrée dans le temps et l’espace, mais que nous défions la pensée conventionnelle, et promouvons le changement et les nouvelles idées », avait déclaré l’ancien président de l’AUB, Peter Dorman, lors de la cérémonie d’inauguration. Créé en 2006 au sein de l’AUB – qui, elle, a été fondée en 1866 –, l’Institut Issam Farès s’est imposé comme un think tank en produisant des recherches relatives aux questions régionales et aux affaires internationales.

Zaha Hadid, première femme à avoir décroché le Pritzker Architecture Prize en 2004, a expliqué que l’objectif de l’édifice qui « mêle voies, liens et vues sur le campus » est de « créer un forum pour l’échange d’idées, un centre d’interactions et de dialogue ». « Le design établit l’institut comme un carrefour, une intersection à trois dimensions et un espace où les étudiants, les professeurs, les chercheurs et les visiteurs de l’université se rencontrent et interagissent », avait encore dit Zaha Hadid lors de son discours inaugural.

Le bâtiment de Issam Farès n’est pas le seul à avoir les honneurs de la presse internationale ces jours-ci. Dans le top 10 mondial des librairies d’art et de design établi par le Huffington Post, s’est glissée une « élégante et accueillante » librairie de Beyrouth : Papercup.

Rania Naufal a ouvert sa librairie dans le quartier de Mar Mikhaël il y a cinq ans. On y trouve « des livres accrocheurs pour enfants, des romans graphiques, des guides de voyage. Elle y sert aussi du café, du thé et des gâteaux faits maison », peut-on lire dans le journal en ligne.

Papercup est un endroit atypique, l’antre d’une passionnée, très tôt contaminée par la passion familiale pour la lecture et le monde de l’édition. Le père de Rania Naufal est PDG de Levant Distributors, et son grand-père, Pierre, n’est autre qu’un des frères et piliers de la librairie Antoine auprès d’Émile Naufal et du fondateur Antoine Naufal. Sur les étagères, qui montent du sol au plafond, la jeune libraire présente des livres qu’elle a choisis un à un. De beaux livres qui parlent de mode, d’art, de design, de sport ou de gastronomie. Elle présente aussi des magazines spécialisés, une section consacrée aux enfants et de la belle papeterie. Un espace hors du temps et de la folie ambiante indispensable en somme.

 

Source : L’OLJ