Ibrahim Maalouf : pourquoi ce manque de reconnaissance au Liban ?

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evenement_244_imageNos lecteurs ont la parole CHADEN MAALOUF NAJJAR, OLJ, 30/08/2014

Serions-nous, libanais, un peuple condamné à voir torpiller les richesses et les fiertés de notre pays ? Ne nous suffit-il pas de voir émigrer les promesses de demain ? Pourquoi la presse a-t-elle été si avare avec « l’enfant du pays » ?
Au Liban, tout avait pourtant bien commencé…
Nul n’oublie le concert de Beiteddine où la trompette nostalgique d’Ibrahim Maalouf entonnait Beyrouth éventrée par la guerre, avant d’exploser dans un rock endiablé. Où les propos remplis d’humour de l’artiste ont créé un lien indéfectible entre lui et son public. Où l’histoire d’amour avait commencé.
Mais comme au Liban rien n’est certain, il a fallu que ça se gâche.
Les fans de l’artiste ont tout d’abord été déçus de découvrir que le Festival international de Byblos avait programmé un double concert, une première : Mulatu Astatke et Ibrahim Maalouf partageraient un même public. Les spectateurs n’auraient pas trop le choix, c’était à prendre ou à laisser.
Malgré l’impatience, tous ont apprécié la musique afro-jazz du compositeur éthiopien, mais le jazz, point commun des deux artistes, justifiait-il le choix du mélange de deux univers si différents ? Mauvaise programmation. Et il a fallu qu’elle tombe sur Ibrahim Maalouf !
Suite à un parcours sans faute, le trompettiste a joué dans la prestigieuse salle de l’Olympia. Ovationné dans la France entière, il a été récompensé aux Victoires de la musique 2014. Le Nouvel Observateur titrait : « La prestation lumineuse d’Ibrahim Maalouf a réveillé les Victoires de la musique. » Au lendemain de l’événement, les écoutes de son album Illusions sur les sites de musique ont explosé, la vente de ses albums s’est vue multipliée par trois. La prestation magistrale de l’artiste aux Victoires a été suivie en direct par des millions de téléspectateurs et visionnée deux cents mille fois sur YouTube.
Mais revenons au concert du 6 août. Chaleur torride et humidité suffocante. Le public s’est réveillé aux premières notes. Subjugué par les musiciens, un public en extase, malgré quelques indisciplinés qui croyaient bon de répondre à leurs portables ou de se lever en plein morceau pour partir. Deux heures de rêves et d’émotions, un autre ciel. La fin était magistrale, divine, digne des plus grands. Le public en redemandait encore et encore. Et la générosité de Maalouf n’est plus à prouver.
Le réveil ne fut pas doux. Les fans ont attendu les échos dans la presse. Presque rien… Fort heureusement, un billet de Michèle Laugel a apaisé la blessure d’une autre critique qui prétend que le concert est « une agression tout autant visuelle que sonore, une agression de tous les sens ». Ou encore que l’artiste « semble exister seul sur la scène. »
Je ne prétendrais pas à une critique artistique, je n’en suis pas capable, j’en laisse le soin aux professionnels. Je me contenterais là de copier quelques extraits de la presse française qui n’est pourtant pas tendre quand il s’agit de création artistique.
« Brillant tout simplement. » Le Télégramme – 18 novembre 2013
« Admirable et loin du déjà entendu. » L’Écho Républicain – 15 novembre 2013
« On le redit, Ibrahim Maalouf est grand. » Très grand.Les Inrocks.com – 24 décembre 2013
« Du grand art. » Figaro Magazine – 14 avril 20114
« Ce touche-à-tout brillantissime, qui marie l’Orient et l’Occident. » Le Parisien – 6 janvier 2014
« Une incroyable palette d’émotions, allant du doute à l’excitation, de la sensualité au mystère. » La Dépêche.fr – 31 mars 2014. Sur les douze à quatorze quotidiens libanais, seule Michèle Laugel a visé juste dans L’Orient-Le Jour, fort heureusement.

Source : L’Orient Le Jour