Dans les cieux comme sur terre

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Sur terre, on le sait, rien ne va, et les morts se ramassent à la pelle, que ce soit à Gaza, en Irak, en Syrie ou en Ukraine. Dans les cieux non plus : après la tragédie du vol MH17 au-dessus de l’Ukraine, c’était hier au tour d’un avion d’Air Algérie de se crasher dans le nord du Mali, avec 116 passagers à bord, dont au moins 20 Libanais (nos photos, tirées du site yassour.com). Une délégation officielle (ministère des AE, HCR et Sûreté générale) s’est dirigée hier dans la soirée vers Tilmesi, où les débris de l’appareil, un McDonnell 83, auraient été retrouvés.

CATASTROPHE AÉRIENNE

Au moins 20 Libanais, dont trois femmes et dix enfants, se trouvaient à bord de l’avion d’Air Algérie qui s’est écrasé jeudi.

Béchara MAROUN, avec agences | OLJ, 25/07/2014

Quelques jours seulement après la tragédie du vol MH17 de la Malaysia Airlines qui a fait 298 morts après la chute de l’avion en Ukraine, et au lendemain de la mort de 48 personnes dans la chute d’un avion sur une île au large de Taïwan, après une tentative avortée d’atterrissage par très gros temps, un nouveau drame aérien est survenu hier, endeuillant cette fois le Liban. À bord de l’avion d’Air Algérie qui s’est écrasé jeudi dans la région de Tilemsi au Mali alors qu’il assurait la liaison entre Ouagadougou et Alger, vingt Libanais dont trois femmes et dix enfants se trouvaient malheureusement parmi les 116 passagers. Toutefois, plusieurs des victimes possédant une double nationalité, le décompte attend d’être affiné. L’appareil, un McDonnell 83 affrété auprès de la compagnie espagnole de leasing Swiftair, a été perdu par Air Algérie dans la nuit de mercredi à jeudi, 50 minutes après son décollage de la capitale du Burkina Faso, où résident plus de 500 Libanais. « L’avion a disparu à Gao, à 500 km de la frontière algérienne. Nous avons des victimes de plusieurs nationalités », a déclaré le Premier ministre Abdelmalek Sellal cité par la radio, des heures après la disparition de l’avion. Il n’est pas clair pourquoi l’information a tellement tardé à être rendue publique.

p03-3_143693_highresLe contact entre les services de navigation et l’équipage a été perdu alors que l’appareil survolait le nord du Mali, près de la frontière algérienne. « L’avion n’était pas loin de la frontière algérienne quand on a demandé à l’équipage de se dérouter à cause d’une mauvaise visibilité et pour éviter un risque de collision avec un autre avion assurant la liaison Alger-Bamako », a indiqué une source au sein d’Air Algérie à l’AFP. « Le signal a été perdu après le changement de cap », a-t-elle indiqué. Une source officielle malienne a également précisé que le contact avec l’avion a été perdu dans la région de Gao, dans le nord du Mali, alors que deux Mirage 2000 de l’armée française, basés à N’Djamena, lançaient une opération de recherche de l’appareil, à bord duquel se trouvaient plus de 50 Français, et que le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius affirmait que « l’avion s’est probablement écrasé et qu’aucune trace de l’appareil n’a été retrouvée pour l’instant ». « Le contact a été perdu avec cet avion de type McDonnell-Douglas 83 à 01h47, peu après que l’équipage eut indiqué devoir sortir de sa route pour des raisons météorologiques », a souligné M. Fabius avant que la nouvelle ne soit confirmée par Air Algérie qui a annoncé sur son compte Twitter que l’avion se serait crashé dans la région de Tilemsi, à 70 km de Gao, les débris de l’avion ayant été enfin localisés. (Actualisation : Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’Elysée a confirmé que l’épave « désintégrée » avait été localisée dans la région de Gossi au Mali, « à proximité de la frontière du Burkina Faso »).

Les familles Hassan, Basma, Hajj, Wehbé, Rustom, Ballane, Dheini et Akhdar en deuil
Si la liste des noms des victimes libanaises a tardé à être établie, le ministère des Affaires étrangères a reçu dans les premières heures suivant la disparition de l’avion un rapport de l’ambassade du Liban en Algérie certifiant la présence de Libanais à bord du vol AH 5017, et un rapport de l’ambassade du Liban à Abidjan indiquant que 20 Libanais se trouvaient à bord de l’avion d’Air Algérie. Le ministère a alors requis que la liste des noms des passagers de l’avion lui soit fournie, afin de s’assurer qu’aucun autre Libanais ne se trouvait à son bord. Mais l’identité des passagers libanais a plus tard été révélée par le président de l’Union culturelle libanaise dans le monde, Ahmad Nasser, qui a précisé que les victimes avaient pour noms de famille Hassan, Basma, Hajj, Wehbé, Rustom, Ballane, Dheini et Akhdar. Des informations faisant état de la mort de Randa Basma Daher, originaire de la ville sudiste de Srifa, de ses trois enfants Ali (13 ans), Shayma (4 ans) et Salah (15 ans), de Mounji Hassan du village de Haris, de sa femme Najwa Ziyat, de ses enfants Mohammad Rida, Hussein, Hassan et Roukiya, de Omar Ballane, de Mohammad Akhdar de Raraya, de Fadi Rustom, de Bilal Duheini, de sa femme allemande, de leurs quatre enfants et de Joseph Gergi el-Hajj ont ensuite été dévoilées. Le consul honoraire du Liban au Burkina Faso a pour sa part affirmé : « Trois familles libanaises ont entièrement péri dans le crash. »

Quant au ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, il a demandé au chargé d’affaires libanais à Abidjan Ahmad Soueidane de se rendre au Burkina Faso afin de suivre la situation de près et d’aider les familles des victimes, assurant que le ministère est à leur entière disposition. L’ambassadeur du Liban au Sénégal a été chargé par ailleurs de se rendre au Mali pour suivre les opérations de secours d’éventuels survivants et une délégation conjointe du ministère, de la Sûreté générale et du Haut-Comité de secours a pris l’avion pour le Mali pour suivre le dossier de près. Contactée par L’Orient-Le Jour, une source officielle auprès du ministère a en outre assuré que le ministère a reçu la liste entière des passagers du vol funeste, et qu’il œuvre pour s’assurer de la nationalité de deux autres noms qui, outre les vingt victimes libanaises, pourraient également être libanais. Les familles des victimes au Liban ont de ce fait déploré un manque de communication de la part du ministère qui a pourtant confié à L’Orient-Le Jour qu’il évite de donner des informations peu sûres et non définitives dans une affaire aussi délicate.

La plupart des passagers libanais du vol algérien venaient passer leurs vacances à Beyrouth et seraient majoritairement de la région du Sud, et plus précisément de Tyr. Les familles des disparus ont passé hier une longue journée d’attente et une soirée difficile, en espérant que la nouvelle du crash, rapportée par The Guardian, soit fausse. Selon la LBCI, les victimes Randa Basma Daher et ses trois enfants venaient à Beyrouth pour la fête du Fitr après 4 ans d’absence. Son mari, Fayez, était resté au Burkina Faso, où il s’était rendu il y a plus de dix ans pour faire fortune. Mauvaise fortune ! Source : L’Orient Le Jour