Sami Kanaan: «Genève ne doit pas douter d’elle-même»

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Par Chloé Dethurens. Mis à jour le 02.06.2014

Sami KanaanLe magistrat socialiste est maire de Genève depuis dimanche. Son projet? Travailler sur la notion de frontière.

Comme chaque 1er juin, les communes genevoises de plus de 3000 habitants changent de maire. Le socialiste Sami Kanaan, 50 ans et membre de l’Exécutif depuis 2011, prend les rênes de la Ville de Genève. Interview.

Binational, né au Liban, vous êtes maire de la Ville de Genève depuis un jour. Votre réaction?

Né d’un père libanais et d’une mère suisse alémanique, ayant vécu entre le Liban, la Suisse et la Grèce, je suis effectivement arrivé à Genève à l’âge de 25 ans pour mes deuxièmes études. Pour cette ville très ouverte, avec cette tradition d’accueil, c’est un symbole fort. Surtout en ce moment, où on a l’impression que Genève doute d’elle-même, se replie. Et elle ne le doit pas. Il y a de gros défis à relever. Mais il faut ouvrir les yeux sur ce qui est fait, sur nos ressources, sur le nombre incroyable de personnes qui s’impliquent dans des projets, créent, participent de la vitalité de notre région.

A Genève, le maire n’a pas plus de compétences que ses collègues mais dispose d’un porte-voix supplémentaire. Comment allez-vous l’utiliser?

Cette fonction est l’occasion de porter un message, de rappeler notre tradition d’ouverture et d’intégration en travaillant sur la notion de frontière (ndlr: grâce à une enveloppe de 192’000 francs dévolue à l’année de mairie). Les frontières existent, on ne peut pas les nier. Mais on peut les apprivoiser, veiller à ce qu’elles constituent une couture plutôt qu’une coupure. Je vais mettre en place un cycle de rencontres au Palais Eynard, qui traitera des différents types de frontières, socioculturelles, territoriales, économiques ou générationnelles.

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Source : Tribune de Genève