Vendeville: un peintre libanais offre à la paroisse une icône de Sainte Rita

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10/05/2014
Vendeville - Habib Salloum - Icône Sainte Rita

Depuis début avril, dans la chapelle de Sainte-Rita, le pèlerin découvre avec étonnement une icône, peinture de style byzantin, qui tranche avec l’architecture générale. Il s’agit-là de l’œuvre d’un paroissien, d’un naturel réservé qui habite une petite maison du vieux Vendeville… en face de l’église.

Habib Salloum, né au Liban, a suivi des études de mathématiques et de physique à l’université de Liège. De retour au pays, il y a enseigné en lycée, puis à l’université et a épousé en 1971 une enseignante d’histoire et de géographie. La guerre civile qui ravage son pays en 1975 l’oblige à interrompre ses activités pédagogiques.

Les bombes qui ravagent son quartier n’affectent jamais sa volonté. Pourtant des combats de rue d’une violence indicible se déroulent sous ses yeux. En 2003, après le décès de son épouse, il revient en France pour être plus près de ses enfants. À Vendeville, il mène une vie simple. « Je n’aime ni les décors, ni les haut-parleurs », précise-t-il.

Un apprentissage chez les sœurs

Avant de pousser la porte de l’église Saint-Eubert, Habib ne savait rien de sainte Rita. D’entrée, il est subjugué par les ex-voto qui recouvrent les murs, il se rapproche de l’équipe d’animation du pèlerinage pour mieux comprendre le mouvement de piété populaire qui se vit à Vendeville. Dès cet instant, il décide d’exprimer sa foi par l’écriture d’icônes, car comme il me le fait remarquer, on ne peint pas une icône, mais on l’écrit.

Jusque-là, il n’avait jamais fréquenté une école de peinture, sa formation se limitait à son cursus scolaire. Voilà quelques années, il passe une semaine à l’atelier des sœurs bernardines à La Cessoie. Avec ce seul bagage – ce n’est pas un vain mot – il se lance, soutenu par deux forces : sa volonté de réussir et sa foi. Après quelques icônes qu’il a offertes à sa famille, il décide de représenter sainte Rita, un thème pour le moins inhabituel dans ce genre de peinture.

Comme pour tous ceux qui écrivent des icônes, la peinture est un acte de foi. Face à la complexité de l’exercice, Habib l’assure : « Si j’ai des difficultés, il y a toujours avec moi quelqu’un pour me guider ». V. L. (CLP)

Source : Nord Eclair