Zeina Kayali, une passionnée de musique

Non classé

Zeina KayaliChargée de mission au sein de la Délégation du Liban auprès de l’Unesco, auteur du livre ‘Compositeurs libanais XXe et XXIe siècles’ (2011), membre de jurys de prix littéraires, Zeina Kayali est également parmi les personnes à l’initiative de la création du Centre du Patrimoine musical libanais (CPML-espace Robert Matta). Depuis 2 ans maintenant, elle anime des conférences dans le cadre des ateliers culturels du Collège Notre-Dame de Jamhour.

Un ensemble d’activité qui traduit une seule et unique passion pour la musique en général et les musiques libanaises en particulier. Pour Zeina Kayali, le Liban possède un patrimoine musical d’une diversité et d’une richesse incomparable. Il est temps de s’y intéresser et de commencer à construire une véritable identité musicale.

Les ateliers culturels du Centre sportif, Culturel et social (CSCS) du collège proposent des espaces de réflexion sur autour de différentes thématiques dont ‘Une fenêtre sur les arts’ dans laquelle vous intervenez. Parlez-nous de cette initiative.
C’est en effet une excellente initiative du Centre sportif, culturel et social. ‘Fenêtre sur les arts’ est un cycle de conférences. Un sujet est choisi et il est décliné par différents conférenciers, en littérature, peinture, cinéma et musique. Pour la saison 2013-2014, les cinq thèmes choisis étaient : le désir, la folie, le bestiaire, le rêve, le salut. La musique m’ayant été dévolue, j’essaye de trouver pour chaque thème, des pièces musicales, la plupart du temps des extraits d’opéra, afin de l’illustrer le plus complètement possible. En même temps, j’en profite pour parler du compositeur, des chanteurs, de l’orchestre, et je replace l’opéra dans son contexte général.

Comment se présente le cycle de ces conférences ?
Je commence par parler du thème en général : qu’est-ce que le désir ? Que représente le rêve ? En quoi les animaux peuvent-ils illustrer la musique ou pourquoi associe-t-on musique et folie ?…etc. Puis je présente brièvement le compositeur, le style de musique que nous allons entendre, je raconte l’histoire s’il s’agit d’un opéra (on dit l’argument) et enfin je passe l’extrait musical, toujours en vidéo en expliquant le genre musical que nous sommes en train d’entendre, les tessitures des chanteurs…etc. C’est une façon plus ludique d’aborder la musique en général et l’opéra en particulier.

De quelle manière a débuté votre coopération avec le Centre ?
Par le biais de la musique! En 2011, sur les conseils de mon collègue (et néanmoins ami) Bahjat Rizk, j’ai présenté mon ouvrage ‘Compositeurs libanais XXe et XXIe siècles’ en avant-première à Jamhour (dont je suis ancienne). Ceci a débouché, grâce à la volonté du père Bruno Sion, à l’efficacité et le dynamisme de Joumana Hobeika et à la générosité de Robert Matta, sur la fondation du Centre du Patrimoine musical libanais, centre d’archives et de documentation, dont le but est de rassembler, conserver et valoriser les archives de nos compositeurs et interprètes. Étant donc “revenue″ à Jamhour, j’ai tout naturellement accepté ce cycle de conférence dans le cadre des ateliers culturels.

Quels sont les thèmes que vous abordez lors de ces rencontres ? De quelle manière abordez-vous la réflexion destinée à un large public ? Que cherchez-vous à transmettre ?
Je cherche à donner l’envie d’en savoir plus. Si l’auditeur est très versé en opéra, il revoit des scènes qu’il connaît déjà ou en découvre qu’il ne connaît pas. S’il est totalement néophyte, il entre petit à petit dans le monde de l’opéra et, s’il aime l’extrait qu’il entend, il peut aller plus loin dans l’écoute et dans la découverte. J’ai en effet un public très mélangé de connaisseurs et de débutants. Et ce qui me fait grand plaisir c’est de constater que les deux y trouvent du plaisir !

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore saisi, vous cultivez une véritable passion pour la musique. Avec 15 ans de piano derrière vous et une pratique assidue du chant dans diverses formations, quel est votre rapport à cet art en général ?
La musique fait partie intégrante de ma vie. Elle m’accompagne chaque jour de diverses façons. Par la radio qui est branchée pratiquement 24h sur 24h, par les concerts auxquels j’ai la chance de me rendre en moyenne deux à trois fois par semaine, par les formations musicales où je pratique le chant et avec lesquelles je donne plusieurs concerts par an, par les articles que j’écris dont le thème est la musique et plus particulièrement l’actualité des musiciens libanais en France, par l’organisation de concert dans le cadre de ma fonction à la Délégation permanente du Liban, comme le 20 juin prochain dédié à la création internationale des ‘Jardins d’Adonis’, opéra de Wassim Soubra, en partenariat avec le Festival international de Baalbeck. Bref, la musique est là, et elle seule ne déçoit jamais!

Vos goûts en matière de musique ? Un compositeur, interprète ou instrumentiste incontournable ?
Jean-Sébastien Bach sans aucun doute. Ses ‘Passions’ sont les plus beaux opéras du monde, sa musique pour clavier, intemporelle, ses pièces pour orgue, bouleversantes, ses cantates rendraient la foi aux plus mécréants, ses pièces orchestrales, éternelles. Il est le seul compositeur à avoir écrit des pièces pour autant d’instruments seuls. Et à mon enterrement, je veux le chœur de la cantate n° 12.

Vous êtes l’auteur du tout premier ouvrage recensant les 132 compositeurs libanais, ‘Compositeurs libanais XXe et XXIe siècles’ paru en 2011 et ayant pour vocation de sensibiliser le public libanais à “sa″ propre musique. A quand le prochain ?
J’y travaille! Il s’agit d’un panorama de la musique au Liban depuis la fin du 19e siècle à nos jours. J’espère pouvoir le remettre à l’éditeur fin 2014 pour une parution courant 2015. Soyons optimistes!

À l’heure d’aujourd’hui quels sont vos rêves et ambitions pour l’avenir? Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Je voudrais, voir un jour, sur la couverture du magazine ‘Diapason’, l’annonce d’un dossier détaillé intitulé ‘Voyage à travers les musiques libanaises’.

Célia Hassani

Zeina est depuis des mois notre fenêtre sur la France, dire qu’elle est la correspondante de l’Agenda Culturel à Paris, c’est réduire son rôle, admettre qu’elle est notre conseil en musique c’est lui rendre justice, mais la réalité c’est que Zeina est notre amie, et toute l’équipe compte sur elle pour que nos lecteurs reçoivent une information complète, rigoureuse, diversifiée.
Par cette interview, nous avons voulu aller plus loin avec Zeina, la découvrir et la faire découvrir, car elle est de ces personnes multiples que nous avons la chance d’avoir avec nous.

Source : Agenda Culturel