Ali Wehbé, sportif hors norme, court pour sensibiliser les écoliers libanais à l’autisme

Au palmarès de Ali Wehbé, un marathon au pôle Nord.

Au palmarès de Ali Wehbé, un marathon au pôle Nord.

Nour Braïdy, 31/03/2014

Mercredi, il va se lancer, en petites foulées, sur les routes du Liban. Pendant 12 jours, il va sillonner le pays, une grande boucle de Beyrouth à Beyrouth, pour sensibiliser les élèves de 12 écoles libanaises à l’autisme.
Ali Wehbé, également connu comme « le coureur du désert », a décidé de mettre ses jambes au service de la « Lebanese Autism Society », dans le cadre de la Journée internationale de sensibilisation à l’autisme, le 2 avril. Un défi sportif qui le mènera dans le nord du Liban d’abord, Jbeil, Batroun, Tripoli, Zghorta, les Cèdres. Après avoir passé Kornet el-Sawda, il plongera vers l’est du pays, Baalbeck, Zahlé, Rachaya. Puis direction le Sud, Nabatiyé, Tyr, Saïda, afin de revenir à Beyrouth le 13 avril.

À chaque étape, Ali Wehbé, âgé d’une quarantaine d’années, va parcourir entre 40 et 50 kilomètres. 20 élèves de la région traversée l’accompagneront lors des 10 premiers ou des 10 derniers kilomètres de la course du jour. Chaque course s’achèvera dans une école, où Ali parlera sport et autisme.
« J’ai décidé de courir avec des écoles pour que le message arrive plus vite, cela fait partie de l’éducation », explique-t-il, précisant qu’il va notamment courir avec des écoles pour élèves ayant des besoins spéciaux, comme Sesobel-Jezzine.

Ali Wehbé, « le coureur du désert ».

Ali Wehbé, « le coureur du désert ».

À l’actif de Ali Wehbé une série d’exploits qui ne manque pas d’interpeller le sportif du dimanche : il a parcouru 200 km à 3 500 mètres d’altitude au Bouthan, 250 km à 3 000 mètres d’altitude dans le désert d’Atacama au Chili, 200 km dans le désert de Gobi en Chine et a participé à plusieurs marathons, dont le marathon des sables au Maroc et le marathon du pôle Nord par -40 degrés… Il peut s’enorgueillir d’être entré dans le club des coureurs ayant réussi le « 4 Deserts Race », une des compétitions d’endurance les plus difficiles au monde.

« J’ai couru dans les endroits les plus hostiles. La véritable difficulté, avec ce projet, est de mettre la lumière sur le sujet de l’autisme », déclare Ali Wehbé, qui n’en est pas à son premier engagement pour une cause. L’homme a déjà couru pour l’association Brave Heart (dédiée aux malformations cardiaques congénitales), pour la Croix-Rouge internationale et la Croix-Rouge libanaise.

Ali Wehbé, engagé pour la sensibilisation à l’autisme.

Ali Wehbé, engagé pour la sensibilisation à l’autisme.

Pour Arwa el-Amine Halawi, présidente de la Lebanese Autism Society, il est important de continuellement sensibiliser la société sur cette maladie. « Mon enfant autiste a 24 ans aujourd’hui. Avant la création de l’association, on me disait souvent « Quelle honte, tu ne sais pas éduquer ton enfant », raconte-t-elle. Les gens ne connaissant pas l’autisme. »

L’association, créée par des parents d’autistes en 1999, propose aux parents un support moral, des formations, des groupes de soutien. Pour les autistes eux-mêmes, un programme d’intégration scolaire a été mis en place au collège du Sacré-Cœur à Gemmayzé pour le système français, et à l’école Adduha (Chatila) pour le système anglais. De plus, depuis 2005, le centre de diagnostic et d’intervention précoce a accueilli 540 personnes. « La sensibilisation est aussi importante pour la détection précoce de la maladie. Nous détectons des cas dès l’âge d’un an et demi, et plus tôt l’autisme est détecté, plus tôt nous pouvons intervenir », explique-t-elle.

Ali et Mme Halawi espèrent, à travers ce parcours dans les écoles du Liban, pouvoir sensibiliser le plus grand nombre d’enfants, mais aussi récolter des fonds. « Nous avons 50 élèves en liste d’attente et nous souhaitons pouvoir les accueillir grâce à ces fonds », explique la présidente de l’association.

Source : L’Orient Le Jour