« Nour, entre ombres et lumière », entre partir et rester

Maya GHANDOUR HERT | OLJ 10/03/2014

ÉDITION Randa Sadaka siNour, entre ombres et lumière Randa Sadakagne son premier roman, « Nour, entre ombres et lumière » ce soir, à 18h30, dans les locaux des éditions de la Revue phénicienne.*

Nour, entre ombres et lumières (éditions de la Revue phénicienne) est le premier opus de Randa Sadaka, auteure, journaliste et conservatrice du Centre du patrimoine musical du collège Notre-Dame de Jamhour. Dans ses écrits qui relatent, pour simplifier les choses à l’extrême, le choc culturel de Nour à son arrivée à Beyrouth, après avoir vécu toute sa vie à Paris, Sadaka semble y mettre beaucoup plus qu’un grain autobiographique.

Comme l’héroïne de ce livre, elle est avocate de formation et a habité la capitale des lumières toute sa vie. Comme elle, elle débarque à Beyrouth pour se lancer dans une carrière professionnelle. Comme elle, elle se heurte à une société hybride et tentaculaire dont elle appréhende peu à peu les mystérieuses ramifications. C’est donc l’histoire d’une jeune fille cultivée, travailleuse, courageuse… mais torturée. Par une crise d’identité qui lui inspire des tirades sur l’appartenance au pas, à un pays, à une société dont le poids des traditions, des us et coutumes lui font perdre les boules. Ou plutôt lui en donnent de graves. Elle n’arrive pas à comprendre cette société qu’elle côtoie et qu’elle déteste parfois. Elle voudrait bien la changer, mais n’y arrive évidemment pas. Elle emmène alors avec elle le lecteur dans ses récits et ses digressions. Et raconte les manigances et les bassesses, l’hypocrisie et la corruption dont elle est témoin en tant que jeune avocate.

Ses déceptions morales, culturelles, mais aussi gustatives doivent trouver écho dans l’esprit de beaucoup de jeunes ayant vécu cette dichotomie, ce déchirement identitaire.

Des écrits à mi-chemin entre le roman et l’essai, comme le note si bien Bahjat Rizk dans la préface, cet ouvrage « document-fiction intègre et sincère, utile et émouvant, qui peut être appréhendé à multiples niveaux… pose une question essentielle : peut-on vivre dans un pays dont on est si proche et si différent ? »

En couverture, un dos nu de Martha Hraoui intitulé « L’évasion ». C’est bien à s’évader que cherche à faire Nour sur le chemin de son retour. À Paris ou à Beyrouth ? En Occident ou en Orient ? Là où la lumière la guidera, sans doute…

*Immeuble Corm, face au Grand Lycée français, Achrafieh, tél. 01/614 860. www.revuephenicienne.com

Source : L’Orient Le Jour