Le bonheur d’écrire, de Carmen Boustani

L’association Femmes-Monde recevra Carmen Boustani

Professeure des universités à Beyrouth, Médaille d’or du CNRS. Écrivaine

le dimanche 26 janvier 2014 à 10h30

à la Coupole : 102 Boulevard du Montparnasse, 75014 Paris

pour présenter son dernier livre Le bonheur d’écrire.

Elle s’inscrit parmi les chefs de file d’une génération qui a interrogé le corps dans l’écriture.

« La fiction est une chose qui m’a été étrangère car j’étais rompue à ma discipline de décortiquer les textes littéraires des autres. Ecrire un essai ou faire de la critique littéraire est bien différent de la rédaction d’un roman. Pour un essai, on est maître de ce qu’on écrit, tandis qu’un roman, c’est lui qui vous mène en barque…

Tout a commencé, je crois, lorsque Nicole Brossard m’a suggéré d’écrire car elle jugeait que j’avais de la sensibilité…L’idée a fait son chemin dans ma tête. Coincée à Beyrouth lors de la guerre de 2006, noyée sous les e-mails que je recevais de partout, j’ai alors eu une approche ludique avec les mots. La guerre a fait un déclic. De cette tension est né  « La guerre m’a surprise à Beyrouth ».

J’ai compris que je vivais un moment de grâce. Le désir de ne pas laisser ce roman orphelin a fait qu’ « Un ermite dans la grande maison » a suivi. C’est la découverte par la narratrice d’un tas de fiches roses écrites par la sœur morte, qui relatent un entretien avec l’un des derniers ermites de la Vallée Sainte, le père Antonios Tarabay. J’ai vécu le même état de grâce. C’est ce que j’appelle le bonheur d’écrire qui n’est pas celui des plaisirs de la vie, mais un bonheur plein qui ne laisse dans le moi intérieur aucun vide ».

Il reste de ses instants livrés à l’écriture pour Carmen Boustani, une nostalgie de moments de solitude heureuse où elle ne se sent  jamais seule tout en étant seule.

Elle peuple son imaginaire, dit-elle, de personnages devenus ses amis.

Elle est convaincue que toute personne doit écrire pour se réconcilier avec elle-même.

L’important n’est pas d’être publié, mais d’écrire.

  • La guerre m’a surprise à Beyrouth, Éditions Karthala, 2010.
  • Un ermite dans la grande maison, Éditions Karthala, 2013.

Carmen-BoustaniFranco/libanaise, Docteur d’Etat ès lettres de l’université Lyon 2.Diplômée en sémio-linguistique de la Sorbonne-Nouvelle. Elle est Professeure des universités (université libanaise). Chercheure associée au labo Dyna lang de 2000 à 2009 (Paris V, Sorbonne). Professeure associée au CERLIC (université d’Angers). Membre du conseil scientifique de l’école doctorale, université libanaise. Membre du comité de lecture des Cahiers de l’imaginaire, université d’Angers. Membre du comité de lecture de la revue Simêon du labo Dynalang, Paris V. Membre du groupe de recherche Bahissat, Beyrouth, Liban. Membre du comité exécutif de l’association féministe CFUWI.

Professeure invitée à l’université Urbana-Champeigne en 1993, à l’université Santa-Barbara en 1995, à l’université du Québec à Montréal en 1996, Aux trois universités francophones de Montréal : UQAM, Concordia et université de Montréal en 2007, à l’université d’Angers en 2006, 2007, 2008.

Auteure de : Effets du féminin : variations narratives francophones, Paris, Karthala, 2003, prix France/Liban hors concours 2004. L’écriture-corps chez Colette, L’Harmattan, 2002. Aux frontières des deux genres, en hommage à Andrée Chedid, Paris, Karthala, 2003. Des femmes et de l’écriture, le bassin méditerranéen, (dir), Paris, Karthala, 2006. La mutation du masculin, (codir) Bahissat, livre XII, 2008.Oralité et gestualité, la différence homme/ femme dans le roman francophone, Paris, Karthala, 2009 et d’un roman La guerre m’a surprise à Beyrouth, Paris, Karthala, 2010 Et d’une soixantaine d’articles sur les écrits des femmes, la littérature francophone et l’inconscient du texte parus en Europe, USA, Canada, Afrique et Liban. A Participé au Mexique à l’anthologie féminine Notre voix parue en juillet 2001. Son champs d’exploration est la littérature française, celle-ci n’est pas réduite à ce qui s’en manifeste en France. La langue française est celle d’écrivains de nombreux pays qui la parlent et l’écrivent à partir de contextes nationaux divers en infléchissant l’usage. France certes, mais aussi Liban, Québec, Belgique, Maghreb, Egypte, Antilles, Afrique dans leurs accentuations propres. Mais elle est aussi bilingue, et elle a écrit sur les femmes du monde arabe en français et en arabe. Elle a introduit depuis les années quatre-vingt, l’étude du féminin et de l’écriture du corps, puis du féminin/ masculin dans le cadre de la licence en lettres modernes à l’université libanaise où elle exerce en tant que professeur dirigeant des travaux de recherche dans cette thématique de sorte qu’elle a donné une prise de conscience chez des générations de doctorants. Au fil des années un réseau s’est créé unissant ces différentes promotions à un intérêt commun et une même idéologie celle du gender et du féminisme, prise de conscience nécessaire chez ces orientales écrasées par la tradition. Elle est pionnière au Liban dans ce domaine et l’orientation de ses publications en témoigne

Distinctions honorifiques : Chevalier dans l’ordre des Palmes académiques, décret, juillet 2006. Médaille d’honneur des écrivains de langue française, 2001.

Rappel : http://cllf.wordpress.com/2010/11/05/le-bonheur-d%E2%80%99ecrire-de-carmen-boustani/

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