L’industrie du tabac au Liban peine à rapporter

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Une culture de tabac au Sud-Liban. Crédit photo : Zahraa Mortada

Une culture de tabac au Sud-Liban. Crédit photo : Zahraa Mortada

RAPPORT

Malgré un niveau de consommation tabagique parmi les plus élevés du monde, l’industrie du tabac au Liban peine à rapporter, en partie en raison d’un déficit commercial considérable.

OLJ, 29/10/2013

Avec un niveau de consommation de cigarettes parmi les plus élevés au monde, autant dire que l’industrie locale du tabac pourrait battre son plein au Liban. En effet, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cités par un rapport du Lebanon Brief de la BLOM Bank, chaque Libanais fumerait en moyenne 36 cigarettes par jour (adultes âgés de plus de 15 ans).

Le Liban s’est ainsi classé 7e pays le plus gros consommateur de cigarettes au monde après les îles Kiribati (55 cigarettes par jour), la Grèce (49), Nauru (47), l’Autriche (44), la Nouvelle-Guinée (41) et la Bosnie (37). Pourtant, malgré cette consommation record de tabac, l’industrie au Liban peine à rapporter.

La production, la fabrication et la commercialisation du tabac sont régulées par un monopole géré par l’État libanais, la Régie libanaise des tabacs et tombacs. Cette dernière autorise les agriculteurs à cultiver le tabac et leur accorde des subventions. Près de 40 % de ces cultures sont alors utilisées pour la production de marques de Cedars, la dernière marque libanaise ayant résisté. Le reste de la production de tabac au Liban est exporté à perte par la Régie.
La rentabilité apparaît à d’autres niveaux. Le tabac est source de trois types de revenus pour le gouvernement : les déclarations d’impôts soumis d’accises, les recettes tarifaires et les revenus issus de la valeur ajoutée (TVA). Les recettes tarifaires sont utilisées pour couvrir le paiement des subventions aux producteurs locaux de tabac, à savoir que les accises sur le tabac en 2012 ont totalisé 342 millions de dollars, en hausse de 27,55 % en comparaison avec l’année précédente (268,31 millions de dollars).

La commercialisation, elle, fonctionne à perte pour le pays, le Liban étant un importateur net de tabac avec un déficit commercial atteignant 318,50 millions de dollars en 2012 et 186,84 millions de dollars au cours des neuf premiers mois de 2013. Cette année enregistrerait une diminution des importations, toujours selon les mêmes sources, les estimations annuelles ayant mis en évidence un déficit de 249,12 millions de dollars, soit l’équivalent de 21,78 % de diminution.
Les exportations libanaises de tabac concernent principalement le tabac en feuilles, lesquelles se sont développées dans le Sud (57 %), dans la Békaa et dans le Nord. En septembre 2013, des exportations à hauteur de 11,05 millions de dollars se sont principalement dirigées vers la Bulgarie (58 %), la Belgique (16,8 %) et la Grèce (7,2 %).

Du côté des importations, ces dernières ont totalisé 198,67 millions de dollars en septembre dernier, provenant de l’Allemagne (30 %), de la Suisse (24,5 %), de la Turquie (18,8 % et de la Pologne (7,4 %). Les cigarettes représentent la majorité des importations de tabac, avec pratiquement 302 millions de dollars importés en 2012, alors qu’elles sont soumises à des accises importantes de 108 %, d’une TVA de 10 % et de tarifs douaniers de 5 %.

En ce qui concerne les cigares, Cuba demeure le plus important fournisseur sur ce segment avec 2,3 millions de cigares et cigarillos provenant de l’île en septembre 2013.

Source : L’Orient Le Jour