La salle Pleyel, une création mondiale de Bechara El-Khoury

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La salle Pleyel, une création mondiale de Bechara El-Khoury pour l’ouverture de la saison de l’Orchestre de Paris

bechara el khouryLe célèbre chef d’orchestre estonien Paavo Järvi, directeur musical de l’Orchestre de Paris, s’est pris de passion pour la musique symphonique de Bechara El-Khoury. C’est donc tout naturellement que l’Orchestre de Paris, pour l’ouverture de sa saison 2013-2014, a commandé une œuvre à notre immense compositeur, que d’ailleurs la France nous dispute, puisqu’il est présenté dans la presse spécialisée et généraliste comme compositeur français d’origine libanaise !

« Orages », c’est le titre de l’œuvre, est une pièce symphonique d’une vingtaine de minutes, riche et éclatante, où alternent les fracas d’une grande violence et les accalmies d’une douceur à tirer les larmes aux coeurs les plus endurcis. Bechara El-Khoury raconte que, pendant son enfance au Liban, il aimait quand, en fin d’après-midi, éclatait l’orage, que la lumière « sombrait dans l’anarchie » et qu’il n’arrivait plus à entendre le son de son piano.

Dans un entretien accordé à la musicologue Hélène Cao, Bechara El-Khoury présente son œuvre en expliquant qu’elle est fondée sur des éléments thématiques brefs. Le motif principal est exposé par les trombones et le tuba et tout le long de la pièce les cuivres sont très présents, surtout le cor, l’un des instruments préférés du compositeur. Dans « Orages », Bechara El-Khoury se nourrit de ses souvenirs d’enfance, de ses perceptions et des bruits de la nature qui l’ont marqué. D’ailleurs, ces dernières années, la nature inspire de plus en plus l’œuvre de Bechara El-Khoury. Ainsi en témoignent « The Dark Mountain » (2007), « Autumn Pictures » (2009) et « Espaces-Fragmentations » (2013) qui fait de surcroit référence à la tempête.

La suite du concert comprend le Concerto pour violon n°2 de Serge Prokofiev, brillamment interprété par la talentueuse Janine Janssen, jeune violoniste hollandaise considérée comme l’une des plus douées de sa génération. Après l’entracte, le public a pu entendre la très bruyante, mais belle cantate de Carl Orff, « Carmina Burana », avec le chœur de l’Orchestre de Paris et une excellente équipe de solistes dont le baryton français Ludovic Tézier à la voix chaude et envoûtante.

Tout aussi assourdissant que ‘Carmina Burina’, fut hélas le silence de la presse libanaise concernant cet événement qui pourtant est considéré comme l’un des moments phare de la saison musicale parisienne. Retransmis en direct par Radio Classique et en différé par la chaîne de télévision Mezzo, en présence d’un certain nombre d’officiels français, ce prestigieux concert est resté malheureusement totalement ignoré de nos compatriotes. Mais qu’à cela ne tienne, avec l’Agenda Culturel, nous continuerons inlassablement à informer un lectorat de plus en plus nombreux, de l’actualité de nos compositeurs et de nos interprètes libanais à l’étranger.

Par Zeina Saleh Kayali. Le 16/09/2013. Source : L’Agenda Culturel