L’étourdissante actualité du compositeur libanais Bechara el-Khoury

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Le 25/03/2013

Considéré comme un véritable monument de la composition contemporaine en France, en Europe et aux Etats-Unis, et relativement rarement joué dans son pays d’origine, le Liban, Bechara el-Khoury nous parle de son étourdissante actualité pour l’année 2013.

Vous êtes un compositeur très productif et vous êtes l’un des Libanais les plus joués à travers le monde. D’où vous vient votre inspiration ?

Mon inspiration me vient de mes souvenirs, de mes lectures, de l’actualité, de l’art et surtout de mon moi intérieur. Nietszche et Gibran notamment sont une grande source d’inspiration pour moi. Parfois des titres d’ouvrages de ces grands écrivains constituent les titres de mes pièces orchestrales : ‘Le voyageur et son ombre’, ‘Les dieux de la terre’, ‘La nuit et le fou’… La peinture m’inspire aussi énormément. Une de mes récentes compositions, ‘Sept pièces picturales brèves’ pour flûte, clarinette et piano, se rapporte directement à sept tableaux de Turner, Strinberg, Monet, Cézanne, Klimt, Klee et Kandinsky.

Dans votre actualité foisonnante, une commande du Festival d’Abu Dhabi, deux disques, une résidence et beaucoup d’autres choses encore. On peut dire que vous êtes très présent dans le paysage musical français, européen et international ! Pouvez-vous nous détailler tous ces projets ?

Dans mon actualité récente, une commande de Radio France, ‘Espaces- Fragmentations’, pièce qui a été créée en novembre dernier au Théâtre des Champs Elysées par l’Orchestre national de France. L’édition 2013 du Festival d’Abu Dhabi, qui se tient en ce moment, m’a commandé une pièce orchestrale, ‘Poème oriental’, qui sera créée le 26 mars par la Philharmonie tchèque. Le célèbre baryton gallois, Bryn Terfel, participe également à ce concert. Cet été, je suis invité à être compositeur en résidence au festival Musique à l’Emperi de Salons de Provence. Deux pièces de musique de chambre y seront créées, ‘Sept pièces picturales’ dont je vous parlais plus haut et ‘Mare nostrum’, une pièce pour dix instruments. En septembre 2013, une commande de l’Orchestre de Paris, ‘Orages’, sera créée à la Salle Pleyel par ce même orchestre. En parallèle, je suis en train d’écrire un concerto pour flûte et orchestre pour celui que l’on appelle le ’’roi flûtiste’’, Emmanuel Pahud, soliste de la Philharmonie de Berlin. Pour ce qui est des enregistrements, trois de mes pièces pour violon seul, ‘Armenia’, ‘Beyrouth-Jérusalem’ et ‘Perpétuel’, vont être gravées chez un label allemand par une jeune et fort talentueuse violoniste franco-arménienne, Chouchane Siranossian. Enfin, toujours pour le volet enregistrement, bientôt doivent sortir chez Naxos, cinq CDs par l’Orchestre national de France, sous la baguette de Kurt Masur, comprenant trois de mes concertos pour violon, clarinette et cor.

Vous avez confié une partie de vos archives au Centre du patrimoine musical libanais (CPML). Pensez-vous qu’une telle institution ait une utilité dans le Liban d’aujourd’hui ?

Et comment ! C’est une idée absolument géniale ! Enfin le Liban a une institution digne de ce nom qui peut préserver les archives de la musique libanaise, qu’elle soit savante ou non. En ce qui me concerne, la plupart de mes manuscrits sont conservés à la Bibliothèque nationale de France (BNF), mais rassurez-vous j’ai bientôt l’intention d’en confier quelques-uns au CPML ! Propos recueillis par Zeina Kayali, Paris

Source : L’Agenda Culturel