Une œuvre de Béchara el-Khoury pour le concours Marguerite Long

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Zeina SALEH-KAYALI | 11/12/2012

Les candidats saluant le public.

Les candidats saluant le public.

MUSIQUE La finale du célèbre concours international de piano Marguerite Long a eu lieu salle Gaveau à Paris avec au programme de l’édition 2012 « Rivers », un morceau imposé du grand compositeur libanais Béchara el-Khoury.

Avec des lauréats tels que Samson François, Aldo Ciccolini ou Mikhail Rudy, ce concours s’affirme depuis 1943 comme l’une des compétitions internationales majeures, dont la vocation est de faire découvrir au public des jeunes pianistes promus au plus bel avenir. La finale de l’édition 2012 s’est déroulée dans l’atmosphère feutrée et recueillie de cette salle devant un public extrêmement attentif et un jury composé de personnalités du monde musical, dont les pianistes Bertrand Chamayou et Alain Planès. Pour cette partie dévolue au récital, les candidats sont tenus de présenter un programme de 60 minutes dont le choix leur incombe et doit comporter des œuvres appartenant à deux styles différents au moins. Mais l’usage veut qu’à chaque édition de ce concours qui se déroule tous les trois ans, une œuvre soit commandée à un compositeur vivant et interprétée par tous les candidats. Pour 2012, c’est Béchara el-Khoury, compositeur libanais résidant en France, qui a été choisi proposant Rivers, une œuvre intense et d’une grande difficulté technique.

Les cinq finalistes, dont trois Coréens, un Français et un Letton, défilent à tour de rôle. Les œuvres s’enchaînent: Beethoven, Schubert, Prokofiev, Debussy, Messiaen, Liszt, Ravel, Rachmaninov, el-Khoury. Les candidats ont intégré Rivers à des moments différents de leurs programmes respectifs, tantôt en ouverture de récital ou bien émergeant comme une pépite entre deux sonates, certains l’habitant plus profondément que d’autres. Mais à chaque interprétation, qu’elle soit contrastée, monochrome, lente ou rapide, le public redécouvre l’œuvre en y décelant quelque chose qui lui avait échappé lors du précédent passage. Par sa richesse, sa diversité et sa multiplicité, le morceau de Béchara el-Khoury ne finit jamais d’interpeller l’auditeur, lui procurant à chaque écoute des sensations nouvelles. Il sonne différemment sous les doigts de chacun des pianistes et oscille sans cesse entre lumière et ténèbres, calme et agitation, classicisme et modernité.

Béchara el-Khoury est l’un des plus grands compositeurs vivants, toutes nationalités confondues. Il est joué à travers l’Europe par les interprètes les plus prestigieux. Son War Concerto a récemment été interprété à Oslo par le violoniste Daniel Hope et l’Orchestre philharmonique d’Oslo. Son 6e poème symphonique Espace-Fragmentation a été créé au début du mois de novembre au Théâtre des Champs-Élysées par l’Orchestre national de France et sa Sonate n° 2 pour piano ainsi que sa Méditation pour clarinette basse ont séduit le public anglais lors d’un récent concert à Londres.

De tels événements, où les noms de nos compatriotes brillent au plus haut niveau, sont toujours des sources de joie et d’émerveillement, et démontrent encore l’universalité et la force de la créativité libanaise à travers le monde.

Source : L’Orient Le Jour