Liturgie en mémoire de Ghassan Tueni à Paris

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Une divine liturgie pour le repos de l’âme du regretté

Ghassan Tueni

sera célébrée en français selon la tradition byzantine
et présidée par Mgr Ignace (El Hochi), évêque auxiliaire de l’Archevêché orthodoxe antiochien d’Europe,
avec la participation du père Euloge (Adadé) représentant le métropolite Emmanuel,

jeudi 13 septembre à 18h30
en la cathédrale Saint-Stéphane,
7 rue Georges Bizet, 75116 Paris.

La liturgie en présence de Mme Chadia Tueni, son épouse, et des membres et amis de la famille Tueni, va associer à la prière les amis et personnalités politiques, civiles et religieuses, de l’ancien ministre en France.

Elle sera suivie de l’office de pannikhide, office de commémoration des défunts pour le repos de son âme.

Celles et ceux qui souhaitent s’associer à ces prières, sont invités à venir y prendre part.

Ci-dessous, le texte en français de l’hommage – intitulé « Qui a dit qu’il était mort ? Lettre hommage à Ghassan Tuéni, l’homme « passerelle »! – publié par Carol Saba dans les colonnes du quotidien libanais An Nahar le 22 juin dernier. 

Qui a dit qu’il était mort ?

Lettre hommage à Ghassan Tuéni, l’homme « passerelle »

Par Carol Saba, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France,

An Nahar du 22 juin 2012

Mon cher Ghassan, je t’écris de mes profondeurs parisiennes, de là, de ces contrées françaises que tu aimais bien, où tu aimais venir séjourner souvent pour goûter aux richesses de la pensée, de l’art et de la beauté dans toutes ses expressions et ses sensibilités Je me souviens de nos rencontres dans la cathédrale grecque et au domicile du métropolite Gabriel (SALIBY), que Dieu ai son âme, ainsi qu’aux réunions du conseil diocésain de l’Archevêché orthodoxe antiochien d’Europe occidentale en présence de Sa Béatitude notre bien aimé patriarche IGNACE IV, que le Seigneur lui prête santé et longue vie, lorsque dans ces rencontres nous évoquions en vrac et en concentré, tous les sujets qui concernent notre Patriarcat orthodoxe d’Antioche, son témoignage et son rayonnement. Je me souviens aussi de nos discussions chez toi à ton domicile parisien, ces discussions qui galopaient et sautillaient avec joie et intelligence des choses de l’Orient vers celles de l’Occident, et se balançaient sans cesse dans un va et vient incessant que seuls les orientaux savent faire. Ces discussions me plongeaient dans un état d’ivresse intellectuelle et humaine et comment ne pas l’être puisque depuis ma jeunesse puis à l’université, et les études de droit et des sciences politiques, je rêvais constamment, comme ce fut le cas de notre ami Ghassan HAJJAR qui porte aujourd’hui le flambeau du Nahar avec Nayla, ta petite fille, de pouvoir me tenir un jour en présence de celui qui a été pour moi un modèle à suivre et un exemple à imiter dans l’approche des affaires orthodoxes de notre Eglise, dans la politique au sens noble du terme et dans la diplomatie. Je t’écris, cher Ghassan, avec une joie irénique qui trône sur mon coeur, rassuré pour ta rencontre avec la face du Seigneur, toi qui fus un des inspirés qui « Le » recherchait constamment en tout temps et en tous lieux et qui aspirait à « Sa » rencontre. Je t’écris avec un coeur qui respire l’Orient, avec un esprit que rythme la sensibilité et l’intelligence orientale, émigré en Occident certes, mais n’ayant laissé aucune place dans son coeur aux sentiments de déracinement. Exactement de la même manière que toi, tu érigeas pour nous ta grande personnalité, en la fondant constamment sur une véritable authenticité chrétienne antiochienne, sur une indéniable solidité ancrée dans l’identité arabe orientale, une identité toujours ouverte aux transfigurations de l’Occident et constamment prêtes à communier avec elles. Tu érigeas ainsi ta personnalité pour nous, un modèle à suivre d’interaction et de synergies entre les civilisations, les valeurs, une harmonie positive entre l’Orient et l’Occident. Comment s’adresser à toi et par où commencer ? Devrais-je écrire sur ton itinéraire, qui est parfaitement connu et plus connu qu’un feu enflammé sur un étendard. Devais-je écrire sur tes divers accomplissements et tes contributions ici et là, et qui ne les connaît pas en Orient et en Occident ? Devrais-je écrire à propos de tes multiples écrits et tes conférences sur la politique, la religion, la théologie, la pensée, l’art et la diplomatie ? Qui n’est pas au courant de ces écrits, dans lesquels tu ne fus point seulement un traducteur de pensée, un passeur et un analyste de premier plan mais aussi un créateur ingénieux où ta pensée éclaire devançait toujours et brillait toujours plus vite que l’éclat des rayons de soleil ? Devrais-je écrire sur ta vie diplomatique et politique riche et les fonctions que tu as remplies ? Ou bien de la vie journalistique riche à travers laquelle tu as élevé encore plus haut l’estime et la reconnaissance du coq du Nahar qui est devenu au Liban et dans le monde arabe le symbole de la pensée libre et de la parole courageuse, une instance pour la défense de la démocratie, des droits fondamentaux et des libertés essentielles et de la dignité de l’homme arabe et de ses causes ? Devrais-je parler de la vie académique et des contributions de valeurs que tu as apportées au Liban et au monde arabe et dans les autres contrées du monde ? Ou bien de la vie ecclésiale et de ton engagement dans l’Eglise, toi le byzantin antiochien oriental qui n’a jamais lésiné ni s’est retenu à défendre le patrimoine de l’Eglise, ses actifs, ses traditions et sa richesse, toi qui accompagna depuis les études universitaires des grands de nos prélats et hiérarques, du patriarche IGNACE IV, en passant par le métropolite Georges (KHODR) du Mont Liban et le métropolite Elias (AUDI) de Beyrouth ? Devrais-je mentionner l’université de Balamand, pour toi qui fut un des fondateurs de cette instance académique et qui fut un de ses premiers présidents exécutifs ? Ou bien je devrais mentionner ton rôle central dans la renaissance, une véritable résurrection de ses cendres, de la cathédrale Saint Georges des rums de Beyrouth, qui revenait à la vie comme le Phénix renaissant de ses cendres rejetant les poussières des guerres absurdes qui s’abattirent sur notre capitale, ses transcendances, ses humains et ses monuments ? Devrais-je parler des multiples décorations et distinctions qui sont venues honorer ton parcours méritant, et chacun de nous sait pertinemment qu’elles honorent en toi le courage, la pensée et la parole libres ? Devrais-je écrire sur l’intelligence de vie qui était en toi, l’esprit juvénile d’initiative que tu avais et la sagesse des anciens que tu cultivais étant jeune mais aussi vieillissant ? Comment oublier aussi l’amour de la découverte et la curiosité qui te poussaient toujours à être pionnier dans la découverte des choses, des idées et des charismes en les poussant vers l’avant ? Oui, tout cela mérite d’être évoqué voire même de faire l’objet de thèses doctorales, mais j’écrirai seulement sur l’épreuve, l’endurance, la peine et la douleur qui t’ont habités et qui ont élu résidence dans tous les recoins de ton être et de ta vie. Et toi, fidèle à toi-même et à ta grandeur, tu as été toujours digne dans la crucifixion, homme de foi et homme de paix, toujours irénique lorsqu’on te tuait, voir accordant à ceux qui te crucifiaient à travers tes êtres bien-aimés, ton pardon. Comment ne pas être ainsi, pour toi l’orthodoxe, pour qui la Croix a toujours été le signe de la victoire ? Qui ne sait combien tu as enduré, cher Ghassan, et ô combien tu as lutté contre toi-même et contre les malheurs qui s’acharnaient sur toi. Et toi, toujours fidèle à toi-même et à ta grandeur, une véritable « montagne » humaine sur laquelle on tire à balles réelles qui la transpercent, transpercent son corps et le coeur, une montagne qui saigne profondément, qu’on pousse au précipice mais qui ne tombe jamais ! Et c’est là, cher Ghassan, dans cette profondeur humaine qui est à la fois abime et espérance, que réside pour nous le modèle vivant que tu as été pour nous, et qui nous attire sans cesse tous vers toi avec tendresse et admiration. Oui, cher Ghassan, la mort a construit ses nids autour de toi. Elle a essayé par tous les moyens de t’atteindre, de t’encercler, de rentrer sur toi, en catimini ou vertement en présentant sur toi l’épée. La mort a essayé de faire tomber en toi la forteresse du Nazaréen, le Christ ton Seigneur et ton Dieu, qui fut ton rempart et ton salut dans une foi ouverte, une pensée et une parole libres. Oui la mort a essayé de proclamer sa victoire en toi sur la foi qui était en toi en Christ, Seigneur et Dieu, Lui qui a toujours été le moteur qui animait ta démarche et ta vie. La mort n’a pas pu te vaincre ! Elle ta porté un coup, des coups, elle t’a fait mal. Elle t’a porté atteinte au plus profond de ton être. Elle a ouvert des plaies dans ton flanc, des plaies qui saignent, des plaies profondes mais elle n’a pas vaincu. Elle n’a pas eu le dernier mot. La forteresse n’est pas tombée ! Car toi, avec tes forces e tes faiblesses, ta souplesse et ta solidité, tu as ét