Amin Maalouf reçu aujourd’hui à l’Académie française

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OLJ/Agences | 14/06/2012

Amin Maalouf, en septembre 2009. AFP / PIERRE-PHILIPPE MARCOU

Amin Maalouf, en septembre 2009.

LITTÉRATURE L’écrivain libano-français a été élu le 23 juin 2011 pour succéder à Claude Lévi-Strauss au fauteuil 29

L’écrivain franco-libanais Amin Maalouf est reçu aujourd’hui jeudi en grande pompe à l’Académie française, paré de son habit vert et de son épée d’immortel ornée des symboles de sa double culture.

« J’ai choisi de graver sur la lame de l’épée un vers de mon père en arabe, et les prénoms d’Andrée et de nos trois fils : Ruchdi, Tarek et Ziad, révèle Maalouf. Le vers est le début d’un poème écrit par mon père pour la fête des Mères: +Mon Dieu, je te demande en leurs noms… (Rabbi, sa’altouka bismihinna)+ », confiait-il hier à L’Orient-Le Jour. Sur le fourreau à l’extérieur, de part et d’autre de l’épée, sont gravés en médaillons un cèdre et une Marianne.

L’idée d’entrer dans ce cénacle composé de 40 membres élus par leurs pairs n’est venu que fort tard à son esprit, confiait hier l’écrivain franco-libanais. « Quand j’ai publié Léon l’Africain, j’ai reçu une lettre très chaleureuse de (l’écrivain et académicien) Maurice Druon (qui aimait beaucoup le Liban), et je crois que cette lettre m’a laissé entrevoir, l’espace d’un instant, l’idée qu’un jour je pourrais peut-être appartenir à une institution comme l’Académie française. Je n’avais que 37 ans, ce n’est pas un âge où on peut être élu à l’Académie ».

Aujourd’hui, à 63 ans, cette élection apparaît comme un véritable aboutissement, mais « en même temps, je n’ai pas envie de considérer que c’est la fin de quelque chose », prenait soin de préciser le romancier couronné.

Amin Maalouf a été élu le 23 juin 2011 pour succéder à Claude Lévi-Strauss au fauteuil 29, après deux tentatives malheureuses en 2004 et 2007.

Devant ses pairs, sa famille et un parterre de personnalités françaises et étrangères, le nouvel immortel fera selon la tradition l’éloge de son prédécesseur dans la prestigieuse institution chargée de veiller sur la langue française, en élaborant notamment son dictionnaire.

« Je peux dire que j’ai passé l’essentiel de l’année écoulée à travailler sur Claude Lévi-Strauss », a-t-il avoué à L’Orient-Le Jour

Son Comité d’honneur est présidé par Jean-Claude Fasquelle, légende de l’édition et ancien PDG de Grasset et Fasquelle. Parmi ses membres, Ismail Kadaré, Luis Sepúlveda, le journaliste Jean Daniel, Peter Sellars, Jordi Savall, Georges Moustaki, le commissaire européen Michel Barnier ou le fils de Paul Claudel, Henri Claudel.

Né le 25 février 1949 à Beyrouth, dans une famille chrétienne dont une des branches est francophone et vient d’Istanbul, le nouvel académicien a consacré son oeuvre au rapprochement des civilisations, s’interrogeant sur les rapports politiques et religieux entretenus par l’Orient et l’Occident.

Journaliste au principal quotidien de Beyrouth, An-Nahar, Amin Maalouf est contraint par la guerre civile à l’exil en 1976.

Ces thèmes de l’exil et de l’identité, lui « qui se sent chrétien dans le monde arabe et Arabe en Occident », occupent une large place dans ses essais, parmi lesquels « Les identités meurtrières » ou « Le dérèglement du monde ».

A Paris, il devient rédacteur en chef de la revue Jeune Afrique. En 1983, il publie un ouvrage historique « Les croisades vues par les Arabes ». Mais c’est son roman « Léon l’Africain » qui le fait connaître en 1986. Il décide alors de se consacrer à la littérature et… décroche le prix littéraire Goncourt en 1993 pour « Le Rocher de Tanios ».

Avant lui, à la double culture arabe et française, l’Académie a accueilli en 2006 la romancière algérienne Assia Djebar, première personnalité du Maghreb élue sous la Coupole.

Source : L’Orient Le Jour