L’IMA refond son musée et met l’accent sur la diversité du monde arabe

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08/02/2012

La façade de la prestigieuse institution.

La façade de la prestigieuse institution.

INITIATIVE À l’occasion de ses 25 ans, l’Institut du monde arabe (IMA) de Paris a entièrement refondu son musée qui sera inauguré le 20 février, avec un propos centré sur la diversité du monde arabe.

«Auparavant, le musée était fondé sur l’art de l’islam, apparu au VIIe siècle, et couvrait une aire géographique très vaste allant jusqu’à l’Inde», rappelle Marie Foissy, conservatrice en chef du patrimoine et chef du projet de refonte du musée depuis janvier 2009.
«Mais le Louvre va ouvrir cette année un grand département des arts de l’islam. Il n’était pas nécessaire de faire la même chose, explique-t-elle. Nous avons donc choisi de nous recentrer sur l’aire des vingt-deux pays cofondateurs de l’IMA avec la France, qui sont les membres de la Ligue arabe.»

«Il y a dans cette aire géographique une diversité ethno-linguistique (berbère, kurde, araméen) et confessionnelle (chrétiens, juifs, musulmans et traditions ancestrales), relève Mme Foissy. Elle enrichit le sentiment d’appartenance à une culture marquée avant tout par une langue partagée, l’arabe, et un héritage culturel commun.»
«Le monde arabe s’est constitué avant l’islam. Il a eu des rapports avec toutes les grandes civilisations autour de lui, grecque, romaine, perse, égyptienne… C’est un grand brassage».
Pour repenser le musée, Marie Foissy s’est entourée de l’avis d’experts (archéologues, historiens, linguistes, anthropologues…). «J’ai joui d’une totale liberté sur ce projet», assure-t-elle.
La décision de lancer ces travaux muséographiques a été prise en 2008 par Dominique Baudis, alors président de l’IMA, qui avait «le sentiment que le musée était un peu abandonné au profit des expositions temporaires. C’était devenu la “Belle au bois dormant”», déclare Mme Foissy.
«La muséographie avait vieilli. La fréquentation était en baisse et tournait autour de 40000 et 50000 visiteurs par an», ajoute-t-elle.
L’enveloppe financière consacrée à cette refonte se monte à 5 millions d’euros dont une grande part apportée par la Fondation française Jean-Luc Lagardère, le Koweït et l’Arabie saoudite.
Le musée s’étage sur quatre niveaux et dispose d’une surface d’exposition de 2400 m2. La scénographie a été confiée à l’Italien Roberto Ostinelli qui est intervenu sans toucher aux structures de Jean Nouvel, l’architecte de l’IMA. Il a joué sur l’ampleur, la légèreté, la transparence, avec de grandes vitrines.
Le musée présente environ 380 pièces provenant des collections de l’IMA et de dépôts faits par des musées des pays arabes, des institutions françaises (musées du Louvre, du quai Branly, Bibliothèque nationale), des collectionneurs privés, des églises et couvents du Proche-Orient.
Délaissant la chronologie, le parcours de la visite est organisé par thème. «Les Arabies, berceau d’un patrimoine commun», «Sacré et les figures du divin», «Villes», «L’Expression de la beauté», «Un temps de vivre».
Le musée de l’IMA a obtenu en 2011 l’appellation «musée de France» décernée par le ministère de la Culture.
L’IMA est une fondation de droit français à visée culturelle, réunissant la France et les vingt-deux États de la Ligue arabe. Depuis septembre, la présidence du Haut conseil de l’IMA est assurée par Renaud Muselier.

Source : L’Orient Le Jour