Avec « Online » on ne badine pas, mais on « chate » avec l’amour

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Par Colette KHALAF | 11/02/2012

Josyane Boulos, devant son «laptop», engage une conversation amoureuse.

Josyane Boulos, devant son «laptop», engage une conversation amoureuse.

THÉÂTRE Au Monnot*, le virtuel devient réel avec la comédie romantique trilingue « Online », signée Josyane Boulos et produite par Urban Art, qui se déroule jusqu’au 26 février.

Un décor, un acte, cinq personnages présents sur scène ou sur un écran: Josyane Boulos, Rosine Saad, Mike Ayvazian, Chaker Bou Abdallah et Clément Vieu. Voilà ce que propose Josyane Boulos, elle-même comédienne et ayant collaboré à plusieurs projets de théâtre de Betty Taoutel. Pour l’actrice et scénariste de la pièce, l’exercice de mise en scène était nouveau: «Quoique difficile, l’expérience était passionnante. Mais j’ai été bien secondée par deux talentueux metteurs en scène, Mike Ayvazian et Clément Vieu», avoue Boulos. «D’ailleurs, ajoute-t-elle, je n’avais aucune prétention à me mesurer aux professionnels du métier, tout ce que je désirais c’était de présenter une pièce rafraîchissante où le rire serait à l’affiche en cette période morose.»
Objectif atteint, la salle était conquise par ce jeu amoureux virtuel où le réel s’immisce jusqu’à brouiller les pistes.

Le théâtre étant la discipline réelle par excellence où le contact avec le public est tangible, parvenir à reproduire cet univers «irréel» et le mélanger avec la réalité était en effet un défi que la réalisatrice en herbe a su relever.
Nanou, Thomas, Alain, Rami et Lamia «chatent» avec les différents moyens que met à notre disposition la technologie moderne: MSN, Facebook ou Skype.
Nanou, mère divorcée, la quarantaine bien assumée, sort avec Rami. Mais elle est amoureuse d’Alain dont elle vient de faire la connaissance. Elle prend par instants des conseils de Thomas, un ex, et se confie à Lamia dont la vie amoureuse n’est pas plus réussie. Surfant sur la toile et sur la vague des sentiments, cette comédie illustre la réalité contemporaine libanaise. Plus de duos ni de trios amoureux, mais une foule anonyme d’amants et d’amis. Plus de langage amoureux à la Musset, auteur de On ne badine pas avec l’amour, mais un vocabulaire simplifié, fleuri, plein d’« emoticons» et non d’émotions en forme de cœurs et de lèvres, qui révèle bien la réalité des rapports d’aujourd’hui.
Le «chat» à la libanaise, mixture franco-arabo-anglaise retranscrite sur l’écran géant en toile de fond sur la scène, est un phénomène social bien ancré à présent dans nos coutumes. Où s’arrête le mensonge et où commence le vrai? C’est ce que «Online» dévoile. Le public sera même appelé à participer à ce «chat» en votant pour ou contre.

* Théâtre Monnot, jusqu’au 26 février, du mardi au dimanche, 20h30. Tél. : 01/421875.