Une escapade en Yamani majeur

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Par Colette KHALAF | 07/02/2012

Tarek Yamani, accompagné de Kristijan Krajncan à la batterie et de Goran Krmac au tuba. (Photo Hassan Assal)

Tarek Yamani, accompagné de Kristijan Krajncan à la batterie et de Goran Krmac au tuba.

CONCERT C’est au Tournesol, accompagné de Kristijan Krajncan à la batterie et de Goran Krmac au tuba, que le pianiste libanais Tarek Yamani a présenté ses récentes créations musicales, en grande partie de sa composition, qui seront bientôt compilées dans l’album « Ashur ».

Tarek Yamani parvient toujours, comme le disait Paul Verlaine, à être «ni tout à fait le même ni tout à fait un autre». Dans ce récital présenté au Tournesol, entouré de deux artistes venus de Slovénie pour l’occasion, Kristijan Krajncan à la batterie et Goran Krmac au tuba, le pianiste troubadour allant de ville en ville et s’inspirant toujours de tonalités nouvelles a encore une fois créé la surprise. Il a présenté les récentes compositions de son album Ashur, qui sortira dans les bacs d’ici à quelques mois sous le label «Edict Records» et a fait voyager un public ravi.
C’est une véritable virée que proposera le jeune pianiste, qui a récemment remporté en 2010 le prix «Thelonious Monk International Composer’s Competition». Un voyage dans le temps, mais aussi dans les atmosphères.

Climats
Au programme de ce périple musical, une petite «kazdoura» intitulée en italien «Passegiata», qui se terminera par des balades plus longues. «Nous allons à présent revenir 400 ans en arrière pour revisiter Bach et sa composition, Prélude n°2 en C mineur», dit l’artiste, et puis de reprendre par la suite: «Nous revenons à présent vers les années 80. Le pilote aux commandes de sa musique a cette dextérité d’emporter le public avec lui.» «Que diriez-vous d’une dabké, mais à ma manière», poursuit-il d’un ton badin. Car Tarek Yamani aime à dialoguer avec tous ceux qui sont là et qui sont venus partager avec lui sa vision de la musique. «Mon public préféré, dit-il en s’adressant à la salle, c’est celui qui réchauffe le cœur.»
Yamani, c’est tout cela à la fois: le classique, le traditionnel, le contemporain et le jazz, l’oriental et l’occidental. Il puise dans tout ce creuset de cultures différentes tout ce qui peut être au service de la musique qu’il aime. Pour lui, il suffit qu’il y ait ce souffle, ce levain nommé passion pour que la pâte gonfle et soit homogène. Lorsqu’il présentera Sama3i Yamani, composition pour laquelle il avait été récompensé, le musicien se retiendra de dire quelle était sa source d’inspiration. «C’est en ôtant une lettre, avouera-t-il vers la fin du récital, que l’on obtient le nom Sami, et c’est à mon père qu’elle est dédiée.»
Tarek Yamani c’est aussi cela, un parcours privé et public qui se lit à travers les notes de musique, une amitié qui se construit en interprétant des morceaux et des aficionados qui aiment à suivre ce talentueux musicien et à assister fièrement à sa progression.

Source : L’OLJ