Élie Khoury et Khaled Yassine chuchotent à l’oreille de leurs instruments

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Par Colette KHALAF | 04/02/2012

Élie Khoury et Khaled Yassine, un dialogue vibrant d’émotion. (Photo Marwan Assaf)

Élie Khoury et Khaled Yassine, un dialogue vibrant d’émotion.

CONCERT Edict Records présente au théâtre Tournesol trois concerts successifs de différents ensembles. Les compositions orientales et jazzy seront bientôt dans les bacs et c’est le talentueux duo Élie Khoury et Khaled Yassine qui a donné le coup d’envoi.

On peut avoir suivi des cours académiques, savoir jouer d’un instrument, réaliser une performance juste et exacte sans pourtant avoir ce supplément d’âme. Élie Khoury et Khaled Yassine ont prouvé dans ce concert en duo donné au Tournesol et organisé par Edict Records qu’ils avaient toutes ces qualités confondues. Auxquelles ils ont ajouté, avec subtilité et beauté, cet écrin d’âme qui fait la différence. Ne dit-on pas à bon escient que «la joie de l’âme est dans l’action»? 

Un langage intérieur
En effet, plus qu’une soirée, il s’agissait de plus d’une heure d’un dialogue musical ininterrompu, généreux et convivial, où ils ont invité l’audience à pénétrer pour partager avec eux de réelles émotions.
Élie Khoury. Ce natif de Tripoli, qui a commencé à jouer du oud à l’âge de onze ans et a représenté le Liban en Hollande à treize ans, a déjà sillonné le monde et fait plusieurs apparitions auprès de Charbel Rouhana avec lequel il a enregistré Doux Zen. Alternant le bouzouki et le oud, face à lui se trouve Khaled Yassine aux percussions. Ce musicien a accompagné différents artistes, libanais et autres, offrant à chaque fois une mosaïque de sons toujours nouveaux. Mais, au fil du temps, il a donné à sa derbouka, cette espèce de boîte sonore mais aussi lumineuse d’où jaillissent des timbres magiques, toutes ses lettres de noblesse. Par instants,Yassine effleure également son «bendir» (sorte de riq d’Afrique) ou une cymbale de batterie qui scande délicieusement les autres rythmes en leur donnant des tonalités occidentales.
Sur scène, ils sont donc deux. On a l’impression souvent qu’ils ne font qu’un, telle l’osmose est totale. Par moments, aussi, ils sont plusieurs. Multiplication des sonorités à l’infini. Foule d’harmonies nouvelles. Composées, recomposées, réinventées. Recrées. Peut-être à l’instant même. «Oui, avoue Yassine, dans ce projet que nous avons travaillé durant quatre mois, Élie et moi, il y a beaucoup d’improvisations, mais nous l’avons tellement élaboré que celles-ci surgissent spontanément et naturellement en donnant cet aspect d’instantané. Musiques traditionnelles et d’autres plus contemporaines se mélangent à loisir dans une douce et grisante harmonie.
Les deux artistes sont en effet à l’écoute l’un de l’autre, de leurs instruments qu’ils caressent respectueusement, qu’ils sondent avec la plus grande attention. La salle est emportée. Dans un pays en panne de courant, celui qu’ils viennent de brancher avec le public est émotionnel. Et certainement pas alternatif.
Ce soir, le quatuor Basel Rajoub sera présent au Tournesol (20h30) pour un concert signé Edict Records.

Source : L’Orient Le Jour