La photo pour Michel Zoghzoghi, une passion fauve !

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Par Zéna ZALZAL | 20/01/2012

Michel Zoghzoghi, chasseur d’images animalières...

Michel Zoghzoghi, chasseur d’images animalières...

VIOLON D’INGRES Homme d’affaires pressé, directeur général d’une société – familiale – d’équipements médicaux, Michel Zoghzoghi ne s’arme de patience que caméra au poing. En particulier quand il a dans le champ de son viseur des… prédateurs.

Ton énergique, débit rapide, il mène de front une conversation avec son interlocuteur, tout en répondant sur son Blackberry à des mails professionnels et en surveillant du coin de l’œil l’installation de son exposition de photos à The Venue*. Michel Zoghzoghi est, à l’évidence, un monsieur 100000 volts. Un homme pressé, qui avoue «une impatience maladive» et qu’il est très difficile d’imaginer autrement qu’en mouvement. Et pourtant, mettez-lui, dit-il, «une caméra entre les mains avec un but à poursuivre, expo, livre, concours photo…» et le voilà transformé en homme d’une infinie patience, pouvant guetter, des heures durant, sa proie… photographique. À savoir, ces grands fauves et ces prédateurs qui le fascinent et pour les photos desquels il a fait, depuis environ six ans, «quelque 17 voyages, plus de 1000 heures sur le terrain et près de 250000 km», résume-t-il en chiffres, en vrai chef d’entreprise.
Et pourtant, son attrait pour l’image n’a rien de calculé. Ce serait plutôt une sorte de « passion fauve » à laquelle il aurait succombé par pur hasard. 
«En 2005, j’allais à Londres assister à un tournoi de polo organisé par une amie. L’avion ayant eu du retard pour le décollage, j’en ai profité pour acheter une caméra. J’ai l’ai utilisée au cours du tournoi et je suis tombé amoureux de la photo», résume-t-il. Un déclic – c’est le cas de le dire! – qui va réveiller chez lui son amour de la nature et des animaux dits sauvages.
«J’ai toujours été fasciné par les prédateurs qui sont des bêtes absolument superbes, moins cruelles que les hommes, parce qu’elles n’attaquent que pour manger ou se défendre. D’ailleurs, elles sont devenues elles-mêmes des proies, celles des chasseurs, et sont en voie d’extinction», affirme avec conviction Michel Zoghzoghi. Lequel appuie ses dires de ses photos montrant les différentes «familles de prédateurs» – lions, tigres, guépards, ours, grizzlis, etc. – souvent rassemblées autour de la mère, jouant ou se cajolant… le museau parfois encore ensanglanté des restes du dernier repas!
Du Kenya au désert des Émirats, en passant par l’Afrique du Sud, la Zambie, l’Inde, l’Alaska ou le nord du Canada, il sillonne depuis la planète, durant ses périodes de vacances, caméra au poing, sur la trace des fauves de la savane, des ours polaires, des grands carnassiers et autres oiseaux de proie, pour le plaisir personnel de «capturer des moments forts et pour l’aventure qui va avec». Une aventure qui n’est pas toujours sans danger «même si celui-ci est rare, souligne-t-il, et qu’il est dû, dans 99% des cas, à des bévues humaines».
Il lui est arrivé de se retrouver en Alaska nez à nez avec une maman ours, surprise et pas vraiment joyeusement par sa présence à proximité de son bébé. «Dans ce genre de situation, il s’agit surtout pas de prendre la fuite. Ça déclenche chez l’animal une réaction agressive. Il ne faut pas bouger et rester calme.» Idem au Kenya, où le raffut provoqué par une petite fille, sortie de l’habitacle d’une jeep au milieu d’une dizaine de lions, va également provoquer le mécontentement agressif d’une lionne craignant pour ses quatre lionceaux… Et en Inde, où il a failli tomber du dos d’un éléphant avec ses dix kilos de matériel photographique. Des incidents dangereux qui lui ont valu à chaque fois «les meilleures photos», dit-il. Parce que «à chaque fois, j’ai pris la photo et qu’ensuite j’ai eu peur!».

Au profit de l’action caritative
«Dans la photo animalière, il faut connaître son instrument par cœur», souligne ce photographe «quasi obsessionnel», qui assouvit sa passion à raison de trois safaris en moyenne par an – «ils durent de dix jours à deux semaines», précise-t-il. Mais qui n’en oublie pas pour autant les autres, puisqu’il a choisi de mettre sa pratique au service d’associations caritatives, en leur reversant la totalité des revenus de ses expositions ou publications.
Ainsi, le produit de la vente des quelque 70 photos, grand format, réunies sous l’intitulé «Prey» (Proie) et qui font l’objet de son tout premier accrochage à The Venue, ira intégralement au Children’s Cancer Center of Lebanon. Tout comme il prépare la publication pour juin ou juillet 2012 d’un livre de photos sur le même thème, dont les bénéfices iront à une autre association.

* Jusqu’au 12 février. Horaire d’ouverture : tous les jours, de 12h à 22h.

Source : L’Orient Le Jour