Pont de Jal el-Dib : après la panique, l’action

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Les bases en métal du pont montrent des signes de dégradation. Photo Michel Sayegh

Les bases en métal du pont montrent des signes de dégradation.

LIBAN Le pont sera démonté dans les cinq jours à venir.

Une fois n’est pas coutume, les autorités libanaises, poussées par le drame de Fassouh, ont décidé, face à une menace à la sécurité des citoyens, de passer à l’acte avant le drame. Aujourd’hui, le président du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), Nabil el-Jisr, a annoncé à la radio Voix du Liban que le pont de Jal el-Dib sera démonté dans les cinq prochains jours. Hier, des éléments des Forces de sécurité intérieure (FSI) avaient placé des panneaux sur l’autoroute menant au pont, interdisant jusqu’à nouvel ordre le passage des camions.

Ces mesures interviennent en réaction à des informations sur des fissures au niveau des bases de soutènement de l’ouvrage. Une prise de conscience suscitée par l’effondrement de l’immeuble de Fassouh à Achrafieh, dimanche soir, qui a coûté la vie à 27 personnes.

Deux jours après ce drame, des rumeurs sur l’imminence de l’effondrement du pont de Jal el-Dib se sont répandues comme une traînée de poudre dans le pays, via SMS et réseaux sociaux, créant un début de panique.

L’angoisse a été aiguisée par une déclaration du ministre des Travaux publics et des Transports, Ghazi Aridi, qui a confirmé le jour même que « le pont est effectivement menacé d’effondrement ». Le ministre a alors demandé qu’il soit « démantelé immédiatement », précisant qu’il était en contact permanent avec le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, à ce propos.

De son côté, le ministre de l’Intérieur n’a pas tardé à réagir. Se montrant plutôt rassurant, Marwan Charbel a révélé qu’un ingénieur du CDR avait été dépêché sur les lieux. Ce dernier, Élie Hélou, a effectivement publié, mardi, un communiqué dans lequel il a déclaré que « l’état du pont est stable et acceptable, et n’a pas changé depuis des mois ». Il a assuré qu’ »il n’y a pas de danger imminent » et que « le suivi est constant ». « Cela ne signifie pas que l’ouvrage est en bon état, nous avons envoyé un message au Conseil des ministres en octobre dernier afin qu’il soit démantelé au plus vite », a-t-il toutefois ajouté.

En dépit de ces assurances, la décision de démonter l’ouvrage semblait imminente. Le vice-Premier ministre Samir Mokbel a ainsi annoncé, mardi, à L’Orient-Le Jour que la décision de remplacer le pont a déjà été prise. « Elle doit juste être adoptée officiellement en Conseil des ministres ». La décision était à l’ordre du jour de la session qui a eu lieu hier, mais, pris par le dossier des salaires, le gouvernement n’a pas eu le temps d’aborder le problème.

Le pont de Jal el-Dib est la seule structure métallique des années 80 qui tient encore debout. Tous les autres ont déjà été remplacés par des ponts en béton. En octobre dernier, le CDR avait expliqué à l’Orient-Le Jour que la durée de vie du pont, qui présente de plus en plus des signes de dégradation apparente (piliers rongées par la rouille, bitume en lambeaux, balustrades abîmées et désarticulées), était depuis longtemps dépassée.

Si l’édification d’un nouveau pont a été décidée, sa construction a été retardée en raison de l’opposition des municipalités de Jal el-Dib et Antélias au projet proposé par le CDR. Les municipalités ont demandé des modifications en profondeur, arguant que l’actuel projet ne ferait qu’aggraver les embouteillages dans cette zone.

Source : L’Orient Le Jour