« Beyrouth Hotel » pas au ciné, mais à la télé !

CENSURE Le film censuré par la Sûreté générale libanaise sera diffusé sur Arte dans sa version intégrale le 20 janvier.

Interdit en salles au Liban, « Beyrouth Hotel », le 3e long métrage de la réalisatrice franco-libanaise Danielle Arbid, sera diffusé dans sa version intégrale le 20 janvier sur Arte à 20h35 (heure française).

Le bureau de censure de la Sûreté générale a annulé la sortie du film, prévue le 19 janvier, en raison des références qui y étaient faites à l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, en 2005.

« Beyrouth Hotel est une pure fiction. Le film s’inspire de faits relatés dans les journaux, mais ne livre aucun scoop, ni ne milite pour ou contre aucun parti libanais », s’était insurgée la réalisatrice dans un communiqué publié le 12 décembre dernier. « C’est surtout une histoire d’amour entre Zoha (Darine Hamzé) et Mathieu (Charles Berling) dans un climat tendu, à Beyrouth aujourd’hui », avait-elle ajouté, parlant d’une « romance sur le fil à l’image d’un pays vacillant entre guerre et paix, où d’un instant à l’autre, tout peut chavirer ».

Danielle Arbid avait par ailleurs indiqué à l’AFP qu’elle allait contester cette censure devant la justice.

Selon le bureau de censure libanais, les producteurs avaient dans un premier temps accepté et signé une demande d’enlever toute référence à l’assassinat de Rafic Hariri, avant de changer d’avis par la suite.

« Nous n’avons pas dit que c’était dangereux pour la sécurité du Liban, nous contestons le fait que le film mentionne explicitement cet assassinat alors que la démarche juridique n’est pas terminée », avait indiqué le bureau à l’AFP, en allusion au fait que l’affaire est actuellement entre les mains de la justice. « Ils disent que c’est de la fiction, mais le meurtre a bel et bien eu lieu. Changer les faits, ce n’est pas de la liberté », avait-il ajouté.

Pour Jinane Dagher de Ourjouane productions, le film se basait comme beaucoup d’autres sur des faits réels mais toute la trame était une fiction. « Nous n’allons rien changer au scénario du film. La censure est de toute façon absurde », avait-elle assuré en décembre.

« Beyrouth Hotel », déjà présenté en compétition officielle au festival de Locarno (août 2012), était en compétition au festival de Dubaï, en décembre. « C’est ironique que le film passe à Dubaï et pas au Liban », avait réagi Mme Dagher.

Avec « Beirut Hôtel », Danielle Arbid n’en est pas à ses premières démêlées avec les censeurs libanais : son premier long métrage, « Dans les champs de bataille » (2004), avait été interdit aux moins de 18 ans et le deuxième, « Un homme perdu » (2007), avait été censuré pour « obscénités ». Les autorités avaient demandé à la jeune femme de couper une dizaine de séquences pour autoriser sa sortie en salles.

Source : olj.com