Tanya Leroy, un premier roman porté par « Les ailes de l’exil »

VIENT DE PARAÎTRE « Les ailes de l’exil. Un destin libanais* » de Tanya Leroy (éditions Riveneuve) est un premier roman truffé d’accents autobiographiques attachants.

C’est un pavé de 491 pages qu’on ne lâche plus une fois ouvert. Porté par une écriture limpide et un ton sans prétention, Les ailes de l’exil. Un destin libanais est d’une lecture agréable. Empreint d’autobiographie, comme tout premier roman, il résonne des bruits de la guerre libanaise et des souvenirs d’une petite fille au parcours ponctué par les déchirements successifs de l’exil, sans pour autant sombrer dans la mélancolie. Bien au contraire, il se dégage de ce récit de vie chamboulée par la guerre une force vive et une énergie positive – cette résilience propre aux Libanais ! – qui en font tout le charme. 

Du Beyrouth de 1979, ville dévastée mais où, entre deux bombardements, les week-ends à la plage, les réunions entre amis et les sorties au restaurant donnent l’illusion d’une vie normale, à Bruxelles, en 1996, où, après quelques années passées à Chypre, elle s’apprête à franchir le seuil de sa vie d’adulte, Carla, l’héroïne de ce roman – et sans doute le double de l’auteure –, emmène le lecteur, à sa suite, à travers les tribulations de l’exil.

Ballottée d’un pays à l’autre, d’une culture à une autre, au gré des déplacements successifs de sa famille, du divorce et du remariage de sa mère, la toute jeune Carla va apprendre à s’adapter partout, à affronter avec courage les écueils de l’exil : ces inévitables séparations et autres difficultés d’intégration. Elle grandit avec, dans le cœur, la nostalgie ensoleillée de sa terre d’origine et de son ami d’enfance. On n’efface jamais ses racines !

Mais avec aussi la force que donne une enfance entourée d’affection, en particulier celle des grands-parents.

Il émane du récit de cette vie nomade une émouvante sincérité. Corroborée par le curriculum vitae de l’auteure. En effet, Tanya Leroy, née à New York en 1971, de mère libanaise et de père américain, a passé une partie de son enfance à Beyrouth… où sa mère occupait le poste d’archiviste dans votre journal préféré ! Elle vit aujourd’hui en Île-de-France avec son mari et leurs deux enfants où elle est traductrice et enseignante d’anglais. En couchant sur papier ses souvenirs de jeunesse, c’est à toute une génération d’enfants de la guerre, aujourd’hui quarantenaires, qu’elle fait revivre les événements qu’elle décrit. Les bombardements, les cessez-le-feu, les fuites à Chypre sur des bateaux de fortune, l’émigration, la famille éclatée aux quatre coins du monde… Mais aussi, un peu à la manière de la Boum de Claude Pinoteau, les premiers élans, espoirs, rêveries et battements de cœur de l’adolescence, crucialement vécus sous toutes les latitudes.

Les plus âgés retrouveront également, dans cette histoire d’une famille bouleversée par l’irruption de la guerre, la description d’un mode vie et d’un ensemble de valeurs entre modernité et tradition, purement libanais.

Outre le fort sentiment d’identification, la justesse des situations et émotions décrites par cette plume simple, sans prétention littéraire, les lecteurs et lectrices ne manqueront pas d’être séduits par l’optimisme qui imprègne ce parcours individuel et familial, et par « l’incommensurable tendresse venue des tripes » qui s’en dégage. Comme le signale, d’ailleurs, Antoine Sfeir dans sa préface de l’ouvrage. À découvrir.

*Disponible en librairie.

Source : L’Orient le Jour

One thought on “Tanya Leroy, un premier roman porté par « Les ailes de l’exil »

  1. Un livre qui saisit aux tripes écrit simplement et d’une façon attachante. Les personnages et les sentiments sont tellement vrais. Bravo. A lire absolument.

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