Raï : Le pluralisme implique la participation de toutes les communautés au pouvoir

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Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a souligné dimanche que l’Église prône le pluralisme, lequel implique « la participation de toutes les communautés au pouvoir » et à la gestion des affaires publiques. Il a d’autre part affirmé que la défaillance de l’État libanais ainsi que les « pratiques confessionnelles » de certains dirigeants politiques affaiblissent la loyauté des citoyens envers leur pays. 
« L’Église est fondée sur la loyauté à la nation et non pas à la confession », a déclaré Mgr Raï sur ce plan dans son homélie dominicale prononcée hier à Bkerké au cours de l’inauguration de l’église Notre-Dame de l’Assomption après sa rénovation. La cérémonie religieuse a eu lieu en présence, notamment, du patriarche Nasrallah Sfeir, de nombreux évêques, du ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, du président de la Fondation maronite dans le monde, l’ancien ministre Michel Eddé, du vice-président de la fondation, M. Neemat Frem, du député Neeemtallah Abi Nasr, et de nombreuses autres personnalités.
Évoquant dans son homélie la conjoncture présente dans le pays, le patriarche Raï a déclaré : « La défaillance de l’État, d’une part, et les pratiques confessionnelles de certains politiciens, d’autre part, poussent les citoyens à être loyaux envers leur communauté au lieu de leur patrie. Il en résulte que les communautés redoublent d’efforts afin de s’assurer la loyauté des citoyens et de leur assurer des aides, si bien que ces communautés paraissent être elles-mêmes l’État. »
Et le patriarche maronite d’ajouter : « La citoyenneté nécessite l’égalité (de tous les citoyens) au niveau des droits et des obligations par le biais d’institutions constitutionnelles qui soient capables de répandre une justice saine et équitable. »
« Au plan national, a poursuivi Mgr Raï, l’Église prône le pluralisme, lequel implique d’œuvrer sur base du principe de la participation efficace et équilibrée de toutes les communautés et de tous les individus au pouvoir et à l’administration (de l’État). Cela signifie que nul ne devrait être marginalisé ou empêché de participer à la vie sociale, politique et culturelle. Cela implique également qu’aucune faction ou partie ne devrait avoir des privilèges. Cela nécessite en outre de passer de la situation de conflit chronique à un climat d’entente, de passer d’un état de malaise à une conjoncture stable permettant de construire un avenir meilleur, dans le cadre de l’attachement à nos valeurs libanaises qui se sont forgées à la faveur de notre pratique de la coexistence. »

Tournée à Bouar
Il convient d’indiquer que dans la journée de samedi, le patriarche maronite, accompagné de plusieurs prélats et prêtres, a effectué une tournée à caractère paroissial dans la région de Bouar où il a rendu visite aux principaux lieux de culte chrétiens ainsi qu’à l’hôpital gouvernemental du Kesrouan, à Bouar.
Au cours de sa tournée, qui a comporté six étapes, Mgr Raï a prononcé plusieurs allocutions dans lesquelles il a notamment émis l’espoir que le printemps arabe soit celui de ’l’espérance, du respect de l’opinion et des croyances religieuses « de toutes les factions. Il a par ailleurs invité les chrétiens d’Orient à témoigner au sein de leurs sociétés respectives de « la liberté de l’homme, la liberté d’expression, la liberté de croyance, la liberté de culte ».

La plus grande crèche inaugurée à Ghineh
Et le patriarche maronite d’ajouter : « La démocratie implique la diversité, le pluralisme, l’acceptation de l’autre. Elle implique aussi le progrès et la modernité. Tel est le rôle des chrétiens. Ils ont été les pionniers sur ce plan au Liban et au Moyen-Orient. » Mgr Raï a d’autre part souligné que « ni l’argent, ni la force, ni les postes ne peuvent assurer la paix ».
Notons enfin que le patriarche Raï a inauguré hier après-midi dans la localité de Ghineh, dans la Kesrouan, la plus grande crèche de Noël au Liban, en présence de nombreuses personnalités politiques. Il a prôné à cette occasion la solidarité entre toutes les factions locales en vue de surmonter les crises politique, économique et sécuritaire qui secouent le pays.

Source : L’Orient Le Jour