La religion réformée célèbre le compositeur libanais Naji Hakim

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06/12/2011

Musique C’est dans la mythique église réformée de Sainte-Anne à Augsburg (Allemagne) et à l’occasion de sa réouverture que s’est déroulée, il y a quelques jours, la création mondiale de la « Augsburger Symphonie » du compositeur et organiste libanais Naji Hakim.

Construite en 1321 par les moines carmélites, l’église Sainte-Anne d’Augsburg acquiert une grande importance au XVIe siècle quand Martin Luther, père de la Réforme, y séjourne lors des négociations avec l’empereur Charles Quint et les catholiques au sujet de ses convictions religieuses. Ce haut lieu de la «nouvelle religion» devient donc la première église évangélique d’Augsburg et elle abrite aujourd’hui la précieuse documentation sur les débuts de la Réforme en Allemagne. Et c’est précisément sur le texte fondateur de la Deutsche Messe de Martin Luther, que l’église Sainte-Anne a commandé au compositeur et organiste libanais mondialement connu, Naji Hakim, une œuvre pour solistes, chœur et orchestre, afin de célébrer avec éclat sa réouverture après plusieurs années de travaux.

«C’est une œuvre gaie, légère et fluide », commente le quotidien Ausburger Allegemeine dans un article rendant compte de cette soirée exceptionnelle, qui s’est déroulée en présence du compositeur. Cette symphonie d’une heure comprend 10 mouvements, elle s’ouvre sur un «Notre Père» «frêle et mystique», s’enchaîne avec de «délicieuses petites surprises et développements harmoniques» et s’achève sur un final très rythmique. Cette œuvre majeure de musique sacrée combine «impressionnisme et sonorités orientales, où chœur et orchestre se répondent en écho dans un très grand raffinement», poursuit le journal allemand.
Naji Hakim est aujourd’hui un organiste et un compositeur reconnu dans le monde entier. Il est lauréat de dix premiers prix internationaux d’orgue et de composition. Il a occupé pendant quinze ans la chaire d’Olivier Messiaen à l’orgue de l’église de la Trinité à Paris. Il donne des concerts à travers toute l’Europe, ainsi qu’au Japon et ses improvisations à l’orgue sont célèbres. Sa grande connaissance du choral luthérien vient de sa pratique assidue de la musique de Jean-Sébastien Bach à l’orgue. Le catalogue de Naji Hakim est très vaste : musique vocale, pour orgue, pour orchestre de chambre, pour orchestre symphonique. Son œuvre est multiple, inspirée par la religion ou par ses racines libanaises. Ainsi son Ouverture libanaise, présentée en création mondiale en 2002 à l’Unesco, existe dans trois versions: pour orgue, pour piano et pour orchestre symphonique.
Il est intéressant de noter et l’on peut en être fier, que l’Allemagne, patrie de la musique savante et foyer de nombreux compositeurs, a fait appel à un compositeur libanais pour célébrer la réouverture d’un haut lieu légendaire de son patrimoine. C’est une preuve supplémentaire de la richesse et de la variété de notre culture, ainsi que de l’universalité de nos talents.
Le Liban, dans toutes ses composantes, au-delà des clivages politiques et communautaires, devrait faire plus souvent appel à la crédibilité et à la renommée de ses fils qui portent son nom à travers le monde.

Source: L’Orient Le Jour