Sortie de Balle Perdue, de Georges Hachem

Balle Perdue est la première production cinématographique 100% libanaise. Sa sortie est prévue le mercredi 23 novembre 2011 dans 3 salles prestigieuses parisiennes :

  • MK2 Beaubourg
  • MK2 Haute-Feuille
  • Publicis Champs-Elysées

Le réalisateur Georges Hachem a déjà été primé à Namur, à Rome, à Dubaï, au Caire. Grâce à lui, Nadine Labaki a obtenu cette année son premier prix en tant qu’actrice au Festival Francophone d’Angoulême.

Pour que ce film, qui représente l’art et l’essai libanais, reste le plus longtemps possible sur les écrans parisiens, nous devons communiquer sur la première semaine de sa sortie en salle, c’est-à-dire du 23 au 30 novembre 2011.

Sachez qu’une séance spéciale aura lieu le jeudi 24 novembre à 20h30 au cinéma Publicis Champs-Elysées : projection du film, puis débat en présence du réalisateur Georges Hachem et du producteur Georges Schoucair. Un numéro spécial sera prochainement mis à votre disposition pour réserver les places à l’avance.

Site du film : http://balleperdue-lefilm.fr

 

Quelques critiques du film « Balle Perdue » :

Critique de Clap Magazine

Note : 8/10

Georges Hachem avait onze ans lorsque la guerre civile a éclaté au Liban. Des souvenirs qui piquent encore – même après vingt ans. Avec Balle perdue, le réalisateur rappelle l’une des plus belles vocations du cinéma : rendre la mémoire. En effet – pour son premier long-métrage – Hachem fouille dans son histoire ; il renoue avec son pays d’origine.

Pas d’esbroufe. Pas de manières. Georges Hachem opte pour une économie de langage (plan fixe – plan rapproché) et une cadence sans mesure (silence, arythmie, crescendo) qui subliment férocement le récit. Une manière douce et singulière de raconter l’histoire terrible de cette femme charriée par ses devoirs. Car dans la société patriarcale que dépeint le réalisateur, être une épouse est impératif. Alors quand la future mariée se rebiffe, c’est à tout un système qu’elle s’oppose- ce que sa famille ne peut tolérer. Le conflit entre la jeune et l’ancienne génération cristallise toute la tension. Et les cris qui fusent font écho aux balles qui sifflent au dessus de la maisonnée. Un écho qui grignote le cœur à mesure que se déroule le film.

Car Hachem a trouvé le moyen parfait d’impliquer la petite histoire dans la grande : le hors champ sonore. En effet, le réalisateur se concentre sur le récit de la journée particulière de Noha (l’action se déroule un dimanche de fin d’été) mais souligne, en arrière plan, les foudres de la révolte – les armes à feu en sont l’emblème. Un climat de terreur subtilement transcrit, un contexte historique qui se dévoile par touche ; la recette Hachem est magistrale. Il y a dans Balle perdue de la fureur et de la poésie, de la passion et de l’inspiration. Dès la première séquence, le réalisateur nous tient dans ses filets. Il a fallu un regard, celui de Nadine Labaki, pour nous faire plonger.

Celle qui, habituellement, tient la caméra (Caramel, Et maintenant on va où ?) se retrouve ici devant l’objectif d’un autre réalisateur. Et la voilà, une nouvelle fois, bluffante. Une voix doucement rauque et un jeu détaché, façon Monica Vitti ; Labaki est élégante. Elle fait de Noha un personnage de femme digne. Ses grands yeux noirs nous dévorent ; ils expriment toute la détermination du personnage. Un sans faute pour la comédienne. Balle perdue a décidément l’allure d’un grand film – une actrice superbe, un scénario puissant et une mise en scène aérienne. Georges Hachem, un nom qui pourrait bien marquer son époque.

Par Ava Cahen, le 24 octobre 2011.

Source : Clap magazine

Critique du site Toute La Culture

« L’incontournable Balle Perdue de Georges Hachem »

Balle perdue de Georges Hachem est le premier film entièrement réalisé et produit au Liban. Complexe, tragique, porté par la magnifique Nadine Labaki, ce film est un puissant miroir de la société libanaise pris en toile de fond avec la guerre civile. Le premier film de Georges Hachem est une petite merveille exquise.

Fin de l’été 1976, banlieue nord de Beyrouth, Noha est sur le point de se marier. Les siens sont soulagés de la voir saisir sa dernière chance avant de dépasser l’âge limite et de coiffer le bonnet de vieille fille que porte déjà tristement sa sœur aînée. Tout semble aller. Mais pourtant, alors que le matin même le prêtre bénissait les futurs époux, Noha lorsque son frère aîné organise un dîner en son honneur, change d’avis. Elle ne veut plus se marier.

L’une des grandes beautés de Balle perdue réside dans ses multiples couches qu’il faut effeuiller progressivement. Balle perdue filme la marche inévitable d’un destin tragique. Il s’attache à ces petits riens, fruits des hasards qui pourtant plus que des Balles perdues, rythment le pas de Noha. La caméra transmet l’étrange atmosphère de cette longue journée d’été. Elle capte cette kyrielle de sentiments et de sensations à travers des contre-plongées, les plans d’ensemble de ces familles désunies, les plans rapprochés et les silences. Le rendu flou de l’image, l’éclairage sont aussi extrêmement soignés et ne laissent rien au hasard pour restituer l’atmosphère de cette époque troublée. La violence des sentiments et des actes restent bien souvent dans ce film du domaine du présage, mais quand la Balle frappe, elle ne loupe pas sa cible. Et cela enclenche alors un puissant processus digne des plus grandes tragédies classiques, révélateur des souffrances et des révoltes du Liban en mettant à nu les stigmates et les fragilités de l’être humain dans ses sentiments les plus violents et imprévisibles.

Par Coline CRANCE, le 2 novembre 2011.

Source : Toute La Culture