À Nadine….

12/10/2011

Par Dr Maria BASSIL

Nadine, Nadine, Nadine, par où commencer et comment ? Comment en effet exprimer l’intensité de l’éblouissement ressenti à la sortie de ton merveilleux Et maintenant on va où ?

Comment mettre des mots cohérents et explicites sur la charge émotionnelle qui m’a envahie deux heures durant et habitée depuis, m’incitant à jeter dans les salles tout être humain que je croise depuis ?

Nadine, ton bébé est un chef-d’œuvre envoûtant, un hymne à la femme en général et à la mère en particulier. C’est un cantique magnifique qui glorifie la meilleure d’entre nous : notre maman.

Tes femmes sont sublimes d’abnégation, de courage et de volonté. Elles sont sages et pourtant capables de toutes les folies… Elles sont lucides et si facétieuses. Elles sont pugnaces et malicieuses, cocasses et courageuses. Elles sont autoritaires et tendres à la fois. On a envie de faire partie de cette clique hétéroclite, bruyante, gesticulante et pourtant si aimante, intelligente et soudée. On a envie d’avoir des Yvonne et autre Asma dans notre vie pour nous grandir. Elles ont porté la vie et veulent la défendre bec et ongles ; elles sont surtout sublimes dans cette solidarité absolue entre elles, solidarité inébranlable, qui ne laisse jamais place au doute, et cela quelles que soient les circonstances. Elles sont unies comme les doigts d’une main et se dressent en rempart, avec foi et allégresse, contre l’hystérie collective de leurs mâles à l’esprit surchauffé. Leur pacte tacite est indestructible car elles ont définitivement et furieusement fait le choix de la vie… et donc de la paix.

Personnages jubilatoires, situations cocasses et solutions caustiques, musique et ambiance nostalgique, aux doux parfums siciliens, et surtout sublimation de la femme, de son sens aigu du sacrifice et du devoir, de son intelligence, de la sagesse et de la finesse de son jugement et de son instinct infaillible de survie.

Merci, Nadine pour ces deux heures de bonheur absolu.

Merci de nous faire croire que cela existe ou pourrait exister.

Merci pour cette parenthèse jouissive, faite de poésie, de tolérance, de coexistence et d’humanisme.

Merci de nous rappeler ce que l’on savait déjà : que le monde serait meilleur s’il était dirigé par des femmes.

Ton film mérite de toute évidence tous les honneurs et les prix de tous les festivals du monde car il porte un message universel qui transcende les religions, les races, les époques et les pays.

Mais son prix le plus ultime serait, bien sûr, qu’il soit vu par les 4 millions de Libanais pour leur rappeler la douceur de ce que c’était « avant » et pour qu’ils réfléchissent à la beauté de ce que cela « pourrait » être ou « devrait » être un jour.

Alors, au nom des inconditionnels – et ils se comptent par milliers, je t’assure –, de ceux qui iront le voir bientôt, en famille, en couple, entre amis ou même, comme moi, une, deux ou trois fois, je te dis encore une fois merci pour nous avoir permis de vivre ce très bel instant de grâce.