Trois genres de révolutions sont nécessaires au Liban, affirme Sayegh

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13/06/2011

Le ministre sortant des Affaires sociales, Sélim Sayegh, a estimé qu’en raison des nombreux défis auxquels il fait face, le Liban a besoin de trois genres de révolutions : nationale, sociale et culturelle.

M. Sayegh a tenu ces propos dans le cadre d’un débat organisé samedi par le Club de la presse autour du pacte social que le ministère des Affaires sociales vient de faire paraître et qui, en lui-même, devrait constituer une « révolution » s’il était appliqué dans sa totalité puisqu’il permet d’instituer une justice sociale, de pousser l’État, dans toutes ses composantes, à assumer pleinement sa mission à ce niveau et de favoriser un développement constant et durable, pour ne citer que cela.

Dans un mot prononcé au cours de ce débat, M. Sayegh a insisté sur les révolutions qui doivent se faire pour que le Liban puisse atteindre ce à quoi il aspire au niveau social. La première est d’ordre national. « Il faut qu’une volonté politique s’exprime en amont, a-t-il dit. En présence de 18 communautés, une révolution est impossible puisqu’il nous en faudrait 18 pour parvenir à un même résultat. »

Pour lui, ce dont le Liban a besoin, c’est d’une révolution « qui regroupe la révolution du Cèdre, celle des déshérités, et celle qui reflète toutes les appréhensions et les espoirs de la résistance et de ceux qui croient que la révolution du Cèdre était ponctuelle et n’a rien donné ». « Nous avons besoin d’une révolution en amont qui confirme le pacte national comme point de départ, et le système politique comme arène pourrait nous permettre d’aller au-delà de ce qui existe et de changer ce qui doit l’être dans l’action politique », a-t-il insisté, en soulignant dans ce cadre l’importance d’un gouvernement « qui puisse sauver le Liban et provoquer cette révolution ».

La deuxième révoluti on, a poursuivi le ministre, a lieu « en aval : elle est l’œuvre du peuple, des syndicats, des ouvriers, des partis, des jeunes, des universités, des intellectuels, et de tous ceux qui rejettent le fait accompli et qui placent le dossier social et la problématique de la justice sociale au cœur de leurs priorités ». Il s’est arrêté sur la justice sociale, plaidant pour une égalité entière, à tous les niveaux, avant de mettre l’accent sur « le rôle que la société civile peut jouer sur ce plan lorsque les institutions politiques constitutionnelles sont dans un état de déséquilibre ou de division verticale ».

La troisième révolution, culturelle, a comme pivot la société civile et les médias. « S’il faut que cette société soit efficace et que la presse soit réellement le quatrième pouvoir, il faut qu’elle se reproduise et qu’elle montre à la société civile qu’elle ne doit pas quémander ses droits, accepter les miettes ou suivre un homme politique, pour être reconnue, mais qu’elle jouit d’une autonomie qui lui confère la légitimité nécessaire pour poser les problèmes sociaux sans hésitation », a souligné M. Sayegh.

Source: L’Orient Le Jour