Bkerké s’impatiente pour le Liban et appelle à l’apaisement dans le monde arabe

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13/06/2011

Le patriarche Raï se recueillant sur la tombe de sainte Rafqa.

Le patriarche Raï se recueillant sur la tombe de sainte Rafqa.

Communautés Élections de huit nouveaux évêques et approbation d’un organigramme pour le siège patriarcal.

Élection de huit évêques et approbation d’un organigramme pour l’institutionnalisation du siège patriarcal de Bkerké : telles sont deux des décisions majeures de la session annuelle du synode maronite (5-11 juin) qui s’est achevée samedi dernier, avec la publication d’un communiqué.
Les noms des nouveaux évêques ne seront publiés qu’après leur approbation par le Saint-Siège, conformément aux dispositions du code canon des Églises orientales, a précisé un communiqué du service de presse de Bkerké, après la publication de ces noms par certains organes de presse. C’est donc l’affaire d’un mois, pense-t-on.
Les élections portaient sur les fonctions et diocèses suivants : deux vicaires patriarcaux maronites et des évêques pour les diocèses de Jbeil, Batroun, Joubbé, Sarba, Jérusalem et Terre sainte, et Lattaquié.
Un neuvième évêque destiné à être visiteur apostolique en Europe sera élu ultérieurement, une fois que les noms des prêtres pouvant remplir cette fonction auront été examinés à Rome.
Le synode a porté sur trois genres de dossiers : liturgique, administratif, pastoral et liturgique.Crise de la famille maronite
Sur le plan liturgique, le synode s’est félicité surtout de l’achèvement des travaux de renouvellement du sacrement de la confession et de la décision de le remettre à l’honneur dans la vie de l’Église, notamment en encourageant les réconciliations dans les paroisses chaque fois que cela est nécessaire.
Le synode s’est également félicité des nouvelles traductions, à partir de l’original syriaque, des livres liturgiques.
Les évêques ont ensuite pris connaissance de rapports sur les trois séminaires officiels de l’Église maronite – Ghazir, Karm Saddé et Washington. Considérant l’importance centrale, dans la vie de l’Église, de la formation des prêtres, une journée supplémentaire entière sera consacrée, mercredi, à ce sujet, pour une meilleure coordination entre ces formations. L’idée de la création d’un institut spécial pour la formation des prêtres destinés à servir dans les pays d’émigration a également été lancée.
Des rapports sur les diocèses maronites au Liban et à l’étranger ont également été exposés. Les évêques ont pris conscience, une nouvelle fois, de l’importance des diocèses maronites à l’étranger (Mexique, Canada, Australie, Brésil, Argentine, États-Unis et Europe) et ont pu apprécier le nouvel organigramme que le nouveau patriarche maronite, Béchara Raï, va mettre en application, pour gouverner ces diocèses et centraliser, dans une certaine mesure, les pastorales mises en œuvre.
En ce qui concerne les tribunaux religieux maronites, les évêques se sont affligés de voir que le nombre de procès en invalidation de mariage est en augmentation et réalisé que la pastorale de la famille doit être reformulée pour tenter de faire face à une crise de la famille maronite.

Sur le plan national
Sur le plan national, le synode s’est félicité des acquis des deux grandes initiatives de dialogue lancées par le patriarche Raï : le sommet interreligieux et la dynamique nouvelle qu’il a initiée, et les assises maronites élargies, dont on escompte des retombées positives sur l’unité nationale.
Toutefois, les évêques ont vivement déploré la persistance d’une profonde division de la société politique libanaise et « le surplace quasi mortel » du processus de formation du nouveau gouvernement, que cette division provoque, qui a des répercussions dans tous les domaines, notamment sur le plan économique.
« Ce qui complique encore davantage la situation, souligne un communiqué émanant du synode, ce sont les développements rapides qui se produisent autour de nous, qui influent négativement sur la stabilité du Liban et sa prospérité. » D’où un appel du synode à l’unité nationale susceptible d’être un rempart contre les crises.
Et les évêques de rappeler que l’une des résolutions du synode sur les Églises catholiques d’Orient, qui s’est tenu en octobre dernier à Rome, affirme que « la violence ne saurait instaurer rapidement les valeurs démocratiques, car la démocratie est un processus long qui se construit progressivement, pour déboucher sur un système civil basé sur l’égalité devant la loi, l’égalité des chances et la liberté d’expression et de croyance ».
Joignant leur voix à celle du pape Benoît XVI, les évêques ont prié, dans une allusion évidente à la Syrie, « pour que s’arrête la violence sous toutes ses formes, notamment l’effusion de sang, et que les autorités concernées prennent l’initiative du dialogue avec leurs concitoyens et réponde nt aux aspirations légitimes des jeunes générations à un avenir prometteur et stable ».

Violence engendre violence
En conclusion, les évêques ont invité les fidèles à « ne pas renoncer au pacte qui les lie entre eux », affirmant en particulier que « tout partenariat, qu’il soit humain, social ou culturel, est un don de l’Esprit qui nous invite en permanence à être des artisans d’entente dans nos patries ».
Au cours d’une messe de clôture, le patriarche Raï a plaidé en faveur d’un congrès national destiné à poser les bases d’un « nouveau pacte social inspiré du pacte national ». Il a demandé aux dirigeants de se tenir « à l’écart de la politique des axes régionaux ou internationaux et à rejeter les programmes unidimensionnels et factieux qui conduisent le peuple là où il ne veut pas aller ».
« Il est indispensable de rappeler que la violence engendre la violence, dans un cycl e infernal dont tous finissent par être les victimes », a conclu l’homélie, qui a insisté sur le fait que le fondement de toute politique doit être « la valeur infinie de la personne humaine et de sa dignité ».
« L’être humain est le sujet de droits fondamentaux internationalement reconnus que nul n’a le droit d’abolir, en disposant de la vie humaine comme d’un objet », a affirmé l’homélie.
Samedi soir, le patriarche Raï a inauguré les travaux d’un nouveau centre pastoral autour de la tombe de sainte Rafqa, au couvent Saint-Joseph, à Jrebta. Hier, il a présidé la messe de la Pentecôte, à Bkerké.

Source: L’Orient Le Jour