Marcel, Rami et Bachar Khalifé, le cri d’une musique plurielle

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Par Colette KHALAF | 11/06/2011

Marcel Khalifé entouré de ses deux enfants, Rami et Bachar. (Photo Michel Sayegh)

Marcel Khalifé entouré de ses deux enfants, Rami et Bachar.

Concert Ce soir, pour le Beirut Music and Art Festival (Waterfront), Marcel, Rami et Bachar présentent un concert commun et unique où se mêleront passions, inquiétudes, mais aussi paix et espoir d’autres printemps.

C’est au cours d’une conférence de presse donnée au Mövenpick que Marcel, Rami et Bachar ont bien voulu parler de ce projet qui leur tenait à cœur. «Un travail dans lequel on a déposé toutes nos douleurs, nos joies et nos folies, dira Marcel Khalifé, mais qui est cependant teinté de sérénité car nous sommes tous les trois en fusion totale avec nos instruments qui sont notre langage personnel et une extension de nous-mêmes.» Ainsi ce travail, la somme des expériences de ces trois musiciens de générations différentes qui, au fil du temps, se sont nourries les unes des autres. «Nous avons déjà travaillé ensemble, précise Rami Khalifé, mais c’est la première fois que nous signons tous les trois à la fois les paroles et la musique de tout le spectacle.»
En effet, depuis plusieurs années, ces trois troubadours font le tour de la planète, puisant dans les cultures diverses et les musiques du monde. «Tout comme la beauté, la musique n’a pas d’identité», signale Marcel Khalifé. Et son fils Rami de reprendre: «Je ne tiens pas à me cloisonner dans une identité quelconque. Quel que soit l’instrument, oriental ou occidental, la musique est, selon nous, un langage universel. Certes, le souffle est oriental car nous sommes natifs de cette région, mais nous essayons de briser les frontières et d’aller au-delà du simple local.»
Le feu sacré! Ces trois musiciens le possèdent et vont l’offrir ce soir en partage. «Nous ne gardons pas un secret, dit Bachar, car nous-mêmes ne savons pas exactement quelle direction prendra la soirée. Nous suivons notre instinct.»
«Avoir un père comme Marcel Khalifé est un défi en soi qui nous permet d’aller toujours de l’avant pour faire mieux», dira par ailleurs Rami Khalifé. Quant à Bachar, il avouera ne pas distinguer entre le père et le musicien. «La scène est comme notre chez-soi, et la musique est la langue dans laquelle nous nous exprimons tous les trois.»
Pour Marcel Khalifé, qui ne cache pas sa fierté de voir ses enfants emprunter la voie royale de la musique, il dira: «Si nous n’étions pas nés dans la même maison, je gage que nous nous serions quand même rencontrés dans la vie.»
Rami et Bachar Khalifé, tout comme l’a été leur père (et l’est encore), sont des jeunes audacieux. Si chacun d’eux a opté pour un instrument différent (piano, d’une part, et percussions, de l’autre ), les deux se retrouvent sur le même champ musical.
Des musiciens qui osent. Qui osent parler de la liberté, pas en tant que produit recyclable, mais en tant que valeur humaine, et surtout de leur révolution permanente. «Toutes ces révolutions dans le monde arabe m’émeuvent, dira Marcel Khalifé. Elles sont la résonance et l’écho de tout ce que j’ai chanté il y a trente ans. Mais elles ne suffisent pas. Il faut commencer par se changer soi-même, se libérer avant de libérer la terre.» «La musique est une révolution en soi», renchérira Bachar.
«Ce concert que nous présentons ce soir est un cri, un hurlement, conclut Marcel Khalifé, mais aussi un dialogue, une conversation musicale avec un souffle propre à nous trois.» «Nous ne sommes pas un trio, dira-t-il encore. Nous sommes Marcel, Rami et Bachar Khalifé, trois entités distinctes, unies dans un même corps musical.»
Source: L’Orient Le Jour