Rima Khcheich chante la « Chahroura »

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Par Colette KHALAF | 10/06/2011

Rima Khcheich a enchaîné les airs joyeux et romantiques qui parlent de l’amour... (Houssam Mchaiemech)

Rima Khcheich a enchaîné les airs joyeux et romantiques qui parlent de l’amour...

Festival Printemps de Beyrouth Rima Khcheich a chanté, hier à l’Assembly Hall, la « Chahroura ». Un florilège de chansons sélectionnées des films de Sabah et une clôture en beauté de ce festival printanier.

Très nombreux. Ils étaient très nombreux à accourir pour partager les moments de ce concert festif organisé par la Fondation Samir Kassir en collaboration avec l’AUB, qui se tenait à l’Assembly Hall. C’est qu’elle leur manque la grande dame de la chanson et tous avaient l’impression qu’elle était parmi eux alors qu’ils répétaient ces airs populaires connus de tous.
À l’entrée de l’Assembly Hall, une série d’affiches cinématographiques, sélectionnées de la collection de Abboudi Abou Jaoudé, formaient une longue haie rappelant l’âge d’or du cinéma égyptien, auquel Sabah avait longtemps pris part.
Entassé dans la salle – certains ont choisi de rester debout faute de places – le public a applaudi lorsque Gisèle Khoury a dédié ce concert au chef d’orchestre libanais Walid Gholmieh, décédé il y a deux jours. Elle a par ailleurs salué le public généreux de Beyrouth, notamment les assidus à ce programme devenu rendez-vous annuel du printemps.
Enfin, c’était au tour de Rima Khcheich de dire son émotion d’être dans cette salle qui l’avait accueillie lors de son premier concert.Des airs devenus classiques
Et place à la musique avec la première chanson de la Chahroura, Marhabtein (Deux saluts), composée par Philémon Wehbé pour son film Afrah el-Chabab, en 1964. Entourée de neuf musiciens (tous excellents) et de six choristes, Rima Khcheich allait enchaîner les airs joyeux et romantiques qui parlent de l’amour sous toutes ses facettes. Car qui d’autre que Sabah, ce rossignol chantant, peut évoquer l’amour de la sorte? Des romances légères, teintées d’un brin de frivolité naïve.
À la rencontre de son amoureux avec Rayha Abel Habibi (de Afrah al-Chabab), Apprends-moi l’amour ou 3allimni al-hob (de Chare3 al-hob), ou Ahibbak Yani (de Izzay Ansak), autant de délicieuses mélodies douces devenues des classiques.
Sans mimétisme mais tout en préservant l’authenticité de la chanson et avec un respect pour les paroles et la musique composée par les grands comme Farid el-Atrach, Mohammad Abdel Wahab ou Philémon Wehbé, Rima Khcheich a rendu un hommage vibrant à la Chahroura qui continue à embellir le ciel de son pays par sa présence chaleureuse et enjouée. En effet, il n’est pas nécessaire qu’un hommage soit posthume. Il est d’autant plus vibrant qu’il salue le riche parcours d’une grande dame de la chanson, qui a porté très haut le nom du Liban. Et cela, Rima Khcheich l’a bien compris. Avec une grande humilité, elle parlera de son immersion dans l’univers de Sabah pour mieux représenter son travail – «En écoutant Habibat Ommaha, j’ai bien compris ce qu’elle voulait dire par Ya Khwati», dira-t-elle. De sa voix chaude, Khcheich multipliera les envolées vocales tout comme son modèle, sans oublier de préciser qu’il y a un label vocal difficilement imitable. Sur scène, l’intrusion spontanée du danseur Alexandre Paulikévitch, qui a noué l’écharpe autour de sa taille pour effectuer une très belle danse du ventre, soulève les applaudissements.
La soirée se termine dans une liesse totale sur l’air de 3al Nadda nadda, composé par les frères Rahbani pour le film Loubnan fil Layl. Sous les ovations, Rima Khcheich reprendra un air non prévu au programme. Et c’est sur Ya dala3, dala3 dala3 que prend fin une belle soirée et un beau festival de printemps.

Source: L’Orient Le Jour