Le Hezbollah se prépare à la guerre, selon un think tank français

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06/06/2011

Analyse En cas d’un déclenchement des hostilités entre l’Iran et l’Occident, le Hezbollah aurait pour mission de frapper Israël au cœur pour attirer l’État hébreu dans une guerre au Liban où le pouvoir volerait en éclats.

Depuis des années, Téhéran se prépare à mener une guerre totale contre les États-Unis et Israël. En effet, les dirigeants iraniens se sentent littéralement « encerclés » par les Américains et leurs alliés « sionistes ». Ils craignent une frappe préventive de leurs installations nucléaires destinée à stopper l’effort militaire qui devrait les doter à terme de l’arme atomique, écrit Alain Rodier pour le Centre français de recherche sur le renseignement.

Si les plans des stratèges prévoient que les affrontements principaux auront lieu au Proche-Orient, Téhéran envisage également de mener des opérations offensives partout où cela est possible. Pour cela, le Hezbollah jouerait un rôle central. En effet, bras armé des services secrets iraniens, le Hezbollah a profondément renforcé ses réseaux au Liban et à l’étranger pour être capable de déclencher à la demande des opérations meurtrières contre les États-Unis et contre l’État hébreu et leurs intérêts situés outre-mer.

Si le Hezbollah est dirigé par le Majlis al-Choura al-Qarar, un conseil consultatif exécutif présidé par le secrétaire général Hassan Nasrallah, le chef opérationnel pour les opérations extérieures serait Talal Hussein Hamiyé. Ce dernier a remplacé à ce poste Imad Moghniyé, qui a péri lors de l’explosion de sa voiture survenue à Damas le 12 février 2008. Cet assassinat ciblé est attribué au Mossad. Son principal adjoint serait Ahmad el-Fayed, un ancien détenu des prisons jordaniennes, qui avait été incarcéré en 2001 pour avoir tenté de tirer des roquettes sur Israël. Deux des plus importants artificiers du mouvement seraient Ali Najemeddine, impliqué dans une tentative d’attentat avortée en 2008 contre l’ambassade israélienne à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, et Malek Obeid. La couverture de ce dernier serait une échoppe de réparation d’appareils de climatisation à Beyrouth.

La branche sud-américaine du Hezbollah serait également en pleine restructuration. Le Libano-Brésilien Naïm Khreiss, qui serait officiellement vendeur de téléphones portables au Liban, jouerait en fait un rôle de premier plan pour recruter de nouveaux membres inconnus des services de sécurité israéliens. En effet, l’identité de la plupart des 10 000 combattants (3 000 d’active et 7 000 réservistes) est connue du Mossad, leur moyenne d’âge tournant autour de 30-35 ans. Il faut donc augmenter et rajeunir les ressources humaines. Après une formation effectuée dans la plaine de la Békaa, en Syrie ou en Iran sous la supervision de la force al-Qods des pasdaran, ces activistes seraient envoyés en Amérique latine comme travailleurs étrangers où ils seraient embauchés, particulièrement dans l’industrie pétrochimique.

Depuis des décennies, le Hezbollah est présent en Amérique latine, en particulier à Ciudad del Este, dans la région des trois frontières située entre le Brésil, le Paraguay et l’Argentine. C’est de là qu’auraient été organisés les attentats de Buenos Aires, dirigés contre l’ambassade d’Israël en mars 1992 (29 tués, 242 blessés), et contre le centre communautaire juif (AMIA), en juillet 1994 (84 tués, 230 blessés).

Toutefois, le Hezbollah aurait considérablement augmenté son influence dans d’autres États, dont le Venezuela, le Chili et le Mexique.

Son implication dans le trafic de cocaïne aurait été intensifiée de manière à apporter des subsides supplémentaires au mouvement. En effet, l’Iran traverse actuellement une crise économique majeure due notamment aux sanctions internationales qui sont la conséquence des doutes pesant sur son programme nucléaire « civil ». Téhéran ne peut donc fournir toute l’aide financière nécessaire à la montée en puissance du parti de Dieu. En conséquence, ce dernier est obligé de s’autofinancer, ce qu’il fait en se livrant à de nombreuses activités illégales dont le trafic de drogue. Il profite de l’importante diaspora libanaise établie de par le monde pour monter des réseaux. C’est ainsi que le Hezbollah se fournit en cocaïne en Amérique latine, assure son transport via l’Afrique de l’Ouest avant de livrer la marchandise en Europe. L’argent sale serait blanchi dans des organismes financiers établis dans les Émirats arabes unis et au Liban même.

Au Sud-Liban, le Hezbollah aurait acquis de nouveaux terrains pour y construire discrètement des fortifications enterrées dans les régions de Hammadiyé et de Rachaya el-Foukhar. Les unités du mouvement implantées dans la zone ont considérablement renforcé leurs dotations en armement, en particulier avec des missiles d’origine iranienne capables de frapper Israël dans la profondeur.

Le grand ordonnateur de ce trafic serait le responsable iranien de la force al-Qods au Liban, Mohammad Reza Zahedi alias Hassan Madhavi, en poste au sein de l’ambassade d’Iran à Beyrouth. Toutefois, le Hezbollah ne posséderait aujourd’hui « que » 15 000 missiles et roquettes de longue portée, dont les plus modernes seraient les Fateh 110. C’est tout de même quatre fois plus que lors du conflit de 2006.

En cas d’un déclenchement des hostilités, le Hezbollah aurait pour mission de frapper Israël au cœur pour attirer l’État hébreu dans une guerre au Liban où le pouvoir volerait en éclats.

Ailleurs dans le monde, les cellules clandestines du mouvement devraient déclencher des opérations terroristes et de manipulation de foule via des actions qui relèvent de la guerre psychologique. Pour ce faire, un citoyen turc, Mehmet Taher Oglu, aurait été chargé de recruter de nouveaux activistes hors de la communauté libanaise. En effet, certaines de ces nouvelles recrues jouent un rôle important tout en n’étant pas identifiées par les services de sécurité comme des agents travaillant pour l’Iran, via Hezbollah interposé. Quelques-uns de ces agents auraient infiltré les « flottilles pour la paix » qui tentent de rallier Gaza sous couvert d’aide humanitaire.

En cas de conflit contre Israël, le Hezbollah ne serait pas le seul mouvement à déclencher les hostilités : le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont vu leurs capacités opérationnelles augmenter dans le même but. L’objectif de Téhéran consiste à obliger Israël à disperser ses efforts de guerre au nord et au sud du pays.

Le Yémen, le Bahreïn et même l’Arabie saoudite connaîtraient un regain de violences inégalé lancées par les mouvements d’opposition chiites pénétrés par la force al-Qods.

Face à cette menace d’importance, Israël ne reste pas inactif. On ne compte plus les cargaisons d’armes destinées au Hezbollah ou au Hamas qui ont été interceptées, les assassinats ciblés, les enlèvements de responsables adverses importants et les attaques informatiques via les virus Stuxnet et Stars.

La « révolution arabe » est une source supplémentaire d’incertitude qui est considérée avec anxiété par les dirigeants des deux bords. L’Iran est déjà intervenu discrètement – via la force al-Qods – pour aider son allié syrien à réprimer l’insurrection, pour appuyer la révolte de la majorité chiite à Bahreïn et pour influencer la révolution égyptienne, via des activistes du Hezbollah. L’avenir est plus imprévisible que jamais, mais l’affrontement sanglant paraît être inéluctable à terme.

Source: L’Orient Le Jour

06/06/2011
Analyse En cas d’un déclenchement des hostilités entre l’Iran et l’Occident, le Hezbollah aurait pour mission de frapper Israël au cœur pour attirer l’État hébreu dans une guerre au Liban où le pouvoir volerait en éclats.

Depuis des années, Téhéran se prépare à mener une guerre totale contre les États-Unis et Israël. En effet, les dirigeants iraniens se sentent littéralement « encerclés » par les Américains et leurs alliés « sionistes ». Ils craignent une frappe préventive de leurs installations nucléaires destinée à stopper l’effort militaire qui devrait les doter à terme de l’arme atomique, écrit Alain Rodier pour le Centre français de recherche sur le renseignement.
Si les plans des stratèges prévoient que les affrontements principaux auront lieu au Proche-Orient, Téhéran envisage également de mener des opérations offensives partout où cela est possible. Pour cela, le Hezbollah jouerait un rôle central. En effet, bras armé des services secrets iraniens, le Hezbollah a profondément renforcé ses réseaux au Liban et à l’étranger pour être capable de déclencher à la demande des opérations meurtrières contre les États-Unis et contre l’État hébreu et leurs intérêts situés outre-mer.
Si le Hezbollah est dirigé par le Majlis al-Choura al-Qarar, un conseil consultatif exécutif présidé par le secrétaire général Hassan Nasrallah, le chef opérationnel pour les opérations extérieures serait Talal Hussein Hamiyé. Ce dernier a remplacé à ce poste Imad Moghniyé, qui a péri lors de l’explosion de sa voiture survenue à Damas le 12 février 2008. Cet assassinat ciblé est attribué au Mossad. Son principal adjoint serait Ahmad el-Fayed, un ancien détenu des prisons jordaniennes, qui avait été incarcéré en 2001 pour avoir tenté de tirer des roquettes sur Israël. Deux des plus importants artificiers du mouvement seraient Ali Najemeddine, impliqué dans une tentative d’attentat avortée en 2008 contre l’ambassade israélienne à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, et Malek Obeid. La couverture de ce dernier serait une échoppe de réparation d’appareils de climatisation à Beyrouth.
La branche sud-américaine du Hezbollah serait également en pleine restructuration. Le Libano-Brésilien Naïm Khreiss, qui serait officiellement vendeur de téléphones portables au Liban, jouerait en fait un rôle de premier plan pour recruter de nouveaux membres inconnus des services de sécurité israéliens. En effet, l’identité de la plupart des 10 000 combattants (3 000 d’active et 7 000 réservistes) est connue du Mossad, leur moyenne d’âge tournant autour de 30-35 ans. Il faut donc augmenter et rajeunir les ressources humaines. Après une formation effectuée dans la plaine de la Békaa, en Syrie ou en Iran sous la supervision de la force al-Qods des pasdaran, ces activistes seraient envoyés en Amérique latine comme travailleurs étrangers où ils seraient embauchés, particulièrement dans l’industrie pétrochimique.
Depuis des décennies, le Hezbollah est présent en Amérique latine, en particulier à Ciudad del Este, dans la région des trois frontières située entre le Brésil, le Paraguay et l’Argentine. C’est de là qu’auraient été organisés les attentats de Buenos Aires, dirigés contre l’ambassade d’Israël en mars 1992 (29 tués, 242 blessés), et contre le centre communautaire juif (AMIA), en juillet 1994 (84 tués, 230 blessés).
Toutefois, le Hezbollah aurait considérablement augmenté son influence dans d’autres États, dont le Venezuela, le Chili et le Mexique.
Son implication dans le trafic de cocaïne aurait été intensifiée de manière à apporter des subsides supplémentaires au mouvement. En effet, l’Iran traverse actuellement une crise économique majeure due notamment aux sanctions internationales qui sont la conséquence des doutes pesant sur son programme nucléaire « civil ». Téhéran ne peut donc fournir toute l’aide financière nécessaire à la montée en puissance du parti de Dieu. En conséquence, ce dernier est obligé de s’autofinancer, ce qu’il fait en se livrant à de nombreuses activités illégales dont le trafic de drogue. Il profite de l’importante diaspora libanaise établie de par le monde pour monter des réseaux. C’est ainsi que le Hezbollah se fournit en cocaïne en Amérique latine, assure son transport via l’Afrique de l’Ouest avant de livrer la marchandise en Europe. L’argent sale serait blanchi dans des organismes financiers établis dans les Émirats arabes unis et au Liban même.
Au Sud-Liban, le Hezbollah aurait acquis de nouveaux terrains pour y construire discrètement des fortifications enterrées dans les régions de Hammadiyé et de Rachaya el-Foukhar. Les unités du mouvement implantées dans la zone ont considérablement renforcé leurs dotations en armement, en particulier avec des missiles d’origine iranienne capables de frapper Israël dans la profondeur.
Le grand ordonnateur de ce trafic serait le responsable iranien de la force al-Qods au Liban, Mohammad Reza Zahedi alias Hassan Madhavi, en poste au sein de l’ambassade d’Iran à Beyrouth. Toutefois, le Hezbollah ne posséderait aujourd’hui « que » 15 000 missiles et roquettes de longue portée, dont les plus modernes seraient les Fateh 110. C’est tout de même quatre fois plus que lors du conflit de 2006.
En cas d’un déclenchement des hostilités, le Hezbollah aurait pour mission de frapper Israël au cœur pour attirer l’État hébreu dans une guerre au Liban où le pouvoir volerait en éclats.
Ailleurs dans le monde, les cellules clandestines du mouvement devraient déclencher des opérations terroristes et de manipulation de foule via des actions qui relèvent de la guerre psychologique. Pour ce faire, un citoyen turc, Mehmet Taher Oglu, aurait été chargé de recruter de nouveaux activistes hors de la communauté libanaise. En effet, certaines de ces nouvelles recrues jouent un rôle important tout en n’étant pas identifiées par les services de sécurité comme des agents travaillant pour l’Iran, via Hezbollah interposé. Quelques-uns de ces agents auraient infiltré les « flottilles pour la paix » qui tentent de rallier Gaza sous couvert d’aide humanitaire.
En cas de conflit contre Israël, le Hezbollah ne serait pas le seul mouvement à déclencher les hostilités : le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont vu leurs capacités opérationnelles augmenter dans le même but. L’objectif de Téhéran consiste à obliger Israël à disperser ses efforts de guerre au nord et au sud du pays.
Le Yémen, le Bahreïn et même l’Arabie saoudite connaîtraient un regain de violences inégalé lancées par les mouvements d’opposition chiites pénétrés par la force al-Qods.
Face à cette menace d’importance, Israël ne reste pas inactif. On ne compte plus les cargaisons d’armes destinées au Hezbollah ou au Hamas qui ont été interceptées, les assassinats ciblés, les enlèvements de responsables adverses importants et les attaques informatiques via les virus Stuxnet et Stars.
La « révolution arabe » est une source supplémentaire d’incertitude qui est considérée avec anxiété par les dirigeants des deux bords. L’Iran est déjà intervenu discrètement – via la force al-Qods – pour aider son allié syrien à réprimer l’insurrection, pour appuyer la révolte de la majorité chiite à Bahreïn et pour influencer la révolution égyptienne, via des activistes du Hezbollah. L’avenir est plus imprévisible que jamais, mais l’affrontement sanglant paraît être inéluctable à terme.