Raffarin, au Liban, met en avant la francophonie comme vecteur de solidarité

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Par Emmanuel CADÉ | 25/05/2011

L’ancien Premier ministre français au cours de sa conférence : L’OIF, « un laboratoire pour préparer la régulation du monde ».Photo Michel Sayegh

L’ancien Premier ministre français au cours de sa conférence : L’OIF, « un laboratoire pour préparer la régulation du monde ».

Conférence L’ex-Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a tenu lundi soir au Centre culturel français une conférence sur le thème de « la francophonie à l’heure de la nouvelle donne mondiale ».

Le théâtre du Centre culturel français n’était pas assez grand pour accueillir les francophones venus en masse pour écouter le discours de Jean-Pierre Raffarin. Directement concerné par l’avenir de la francophonie, l’auditoire a prêté une oreille plus qu’attentive aux propos de l’ancien chef du gouvernement français qui a commencé par rappeler le contexte de la nouvelle donne mondiale, sur fond de crise et de bouleversements économiques. Il a expliqué à sa manière de quelle façon les États-Unis sont remplacés par la Chine en tant que moteur de l’économie mondiale et a illustré ses propos comme suit : « Le salaire chinois est de 1$ quand le salaire américain est de 25, mais l’Américain en dépense 26, et à qui emprunte-t-il le dollar qui lui manque ? Aux Chinois. » Il faisait en fait allusion à la crise des subprimes en 2008, lorsque les banques américaines avaient fait plonger avec elles les Bourses du mo nde entier.
Une des réponses à cette crise a selon lui été trouvée lors du sommet de la francophonie au Québec en 2008, lorsque Nicolas Sarkozy avait plaidé pour créer le G20 et prôné une meilleure régulation des marchés. Rappelant le rôle important et la présence de chefs d’État comme le président Michel Sleiman ou l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, chargé de réfléchir à cette régulation, c’est l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) qui avait, pour lui, trouvé une ébauche de solution.Plus qu’une langue, des valeurs
« Car la francophonie incarne plus qu’un langage qui lie les peuples, mais représente des valeurs communes », a-t-il affirmé. « Des valeurs telles que le respect, la solidarité ou l’opportunité qu’a le plus faible de faire entendre sa voix par le biais du plus fort », a-t-il ajouté. C’est en tout cas le rôle qu’il prête à l’OIF, la désignant comme étant «  un laboratoire pour préparer la régulation du monde ». Il a ajouté que l’organisation s’est restructurée et rassemble désormais « des gens du monde entier avec pour mot d’ordre la proximité, la coopération et la solidarité, les moins développés bénéficiant aussi de l’aide des plus riches ».
Mais ces mots doivent être en accord avec les actions. « C’est pourquoi Madagascar et le Niger ont été suspendus de l’organisation pour des raisons éthiques », a-t-il expliqué.
Préférant parler en des termes plus éducatifs que punitifs, Jean-Pierre Raffarin a souligné que les efforts entrepris avec le Niger pour passer progressivement à la transition démocratique se « révèlent être payants ».
Prenant l’exemple du Liban, il a précisé que les Français se sentent engagés aux côtés des Libanais car ces derniers « soutiennent un projet politique et un idéal pour leur pays, ainsi qu’un attachement à la souveraineté et à la liber té de leur nation ». Ajoutant une ultime vertu à la longue liste qu’est chargée d’incarner la francophonie dans le monde, il a pris l’exemple du respect, qu’elle induit par son « amour de l’humanisme et par les bases philosophique et spirituelle qu’elle défend afin de répondre aux préoccupations des citoyens et de s’ériger en pilier de la solidarité ».
Plus qu’un langage, c’est donc bien un idéal et des valeurs qu’est censée incarner la langue française à l’heure de cette nouvelle donne mondiale, un monde que Jean-Pierre Raffarin voudrait plus équilibré en donnant à l’OIF les moyens d’être une « matrice fondamentale de ce changement ».

Source: L’Orient Le Jour