Nouveau départ pour les guides touristiques

Par Josselin Brémaud | 25/05/2011

La couverture du DVD.

La couverture du DVD.

Tourisme À l’approche de l’été, les guides touristiques font peau neuve. L’occasion de se pencher sur deux nouveautés : le DVD « Liban, trésor de vie », du journaliste belge Pierre Brouwers, et le nouveau guide « petit futé » consacré à la ville de Beyrouth. Des travaux de qualité qui, pourtant, prennent parfois les raccourcis habituels.

Pierre Brouwers sillonne le globe depuis près d’une quarantaine d’années. De ses voyages, il a rapporté un important panel de films touristiques sur des destinations aussi variées que la Tanzanie, les Maldives ou les châteaux de la Loire. Pour son dernier film, le globe-trotter a décidé de s’intéresser au pays du Cèdre, dressant le portrait de sa population, sa nature, ses villes et leurs vestiges, le tout en un peu moins d’une heure. La beauté et la variété du Liban sont mises en scène dans une suite de courtes présentations d’étapes, considérées comme incontournables pour le voyageur.
Débutant son périple par une visite de la capitale, Pierre Brouwers peine à véritablement rendre compte de sa complexité et de sa richesse, s’attardant de manière étonnante sur son nouveau centre-ville. Car si richesse il y a à Beyrouth, elle apparaît diffuse, telle une mosaïque façonnée de multiples échantillons de quartiers. Un théâtre du quotidien, qui produit ses artistes en plusieurs endroits à la fois. Le réalisateur poursuit son périple, vagabondant du Nord au Sud afin de couvrir la totalité du territoire et présenter vestiges et traditions du pays.

Le Liban en images
Le voyage ne connaît pas de temps mort. Saïda, son histoire maritime et culturelle ; Tyr et ses allées bordées de colonnes romaines ; Deir el-Qamar, sa soie, fortune de la région ; les réserves de cèdres du Barouk. Le tour d’horizon est complet, mais, contrainte de temps oblige, il se fait parfois au détriment d’une certaine subtilité. Il se rend à Jounieh, où des stèles fixées dans la roche « marqueraient la frontière symbolique entre l’Orient et l’Occident ». Il évoque la splendeur altérée de Byblos, Tripoli et sa culture à la « croisée de l’Orient et de l’Occident », son souk des Bijoutiers et ses savonniers aux senteurs de fruits et d’épic es. Sans oublier la grotte de Qadisha et son environnement façonné par l’érosion et l’histoire, ou encore Baalbeck, sa mosquée aux influences persanes et son sublime temple de Bacchus. Parmi tant d’autres.
Le support du documentaire touristique ne permet pas, quoi qu’il en soit, de véritablement cerner l’approche, plonger dans la réalité du Liban et de l’appréhender dans toute sa complexité. Néanmoins, le circuit offert par Pierre Brouwers présente un pouvoir d’évocation intéressant pour un premier contact avec le pays. Couleurs et senteurs se succèdent, sur des images parfois bien choisies. Le guide du petit futé 2011 vient apporter des informations complémentaires, bienvenues au voyageur qui souhaite appréhender la réalité libanaise de manière plus approfondie.

Se loger, sortir, se restaurer à Beyrouth
Alors que la future édition du guide du petit futé sur le Liban sortira cet été, la version consacrée à la ville de Beyrouth est disponible depuis peu. Accompagné d’un plan de la ville, le guide dresse le long de ses 240 pages un portrait contrasté de la ville. Comme le signale la rédaction, « on se rend au Liban en sachant qu’on n’y restera pas indifférent. Certains diront qu’il n’existe pas une version de l’histoire du pays qui fasse l’unanimité. La région où est situé le Liban a été le lieu d’un brassage permanent de peuples, de communautés et de croyances. La rencontre de ces diverses cultures a engendré une société multiconfessionnelle hors du commun. » Un travail assez complet, qui reprend en grande partie des informations tirées de la version du guide sur le Liban. Sont proposés des itinéraires bien pensés, des conseils utiles pour se loger, se déplacer, se restaurer, ou encore sortir.
Néanmoins, on peut regretter le voile posé sur certaines zones de la ville, qui méritent pourtant que le voyageur s’y attarde. Ainsi, le guide concentre encor e une fois son approche sur les trois quartiers les plus connus, à savoir : Hamra, Achrafieh et le centre-ville. Sans évoquer quelques poncifs persistants sur le Liban, sa culture et son quotidien, qu’il est de coutume de retrouver dans la plupart des guides de voyage, et qui font son charme.
Le documentaire donne à voir et le guide ouvre les premières portes : ces deux nouveautés restent une très bonne introduction à quiconque a pour projet de venir découvrir le Liban. Il ne reste plus qu’à monter dans l’avion et se faire sa propre opinion.

Source: L’Orient Le Jour