Raffarin au Liban pour défendre la francophonie

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23/05/2011

Le patriarche accompagnant Jean-Pierre Raffarin vers la salle à manger de Bkerké, en compagnie de l’ambassadeur Denis Pietton et de Khalil Karam. Photo Émile Eid

Le patriarche accompagnant Jean-Pierre Raffarin vers la salle à manger de Bkerké, en compagnie de l’ambassadeur Denis Pietton et de Khalil Karam.

Coopération Le patriarche maronite a reçu hier l’ancien Premier ministre français et vice-président du Sénat, Jean-Pierre Raffarin, venu au Liban plaider la cause de la francophonie.

L’ancien Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, vice-président du Sénat français et représentant personnel du président de la République française pour la francophonie, est au Liban depuis hier pour des entretiens sur l’espace culturel et politique francophone.
Le responsable français a été reçu hier par le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, qu’il a félicité pour son élection à la tête de l’Église maronite. M. Raffarin était accompagné de l’ambassadeur de France, Denis Pietton, et du représentant du chef de l’État auprès de l’Organisation internationale de la francophonie, Khalil Karam.
Le vice-président du Sénat français a transmis au patriarche Raï les salutations du président Sarkozy et a renouvelé l’invitation qui lui a déjà été adressée à visiter la France, comme la tradition le veut. M. Raffarin a assuré au patriarche que beaucoup, à Paris, aimeraient recueillir son avis sur ce qui se passe dans la région et le consulter sur le printemps arabe.
Après un bref tour d’horizon de la situation locale et régionale, le patriarche maronite a retenu ses hôtes à déjeuner.
Dans son homélie dominicale prononcée devant ses visiteurs, le patriarche maronite s’était une fois de plus indigné du retard mis à la formation du gouvernement et de la myopie de la classe politique libanaise.
« Toutes les fois qu’ils s’abstiennent d’agir pour le bien commun, toutes les fois qu’ils négligent l’activité parlementaire ou gouvernementale, toutes les fois que les activités économiques, sociales, administratives ou culturelles sont reléguées au second plan, toutes les fois que les institutions constitutionnelles ou les administrations publiques ne fonctionnent pas, les responsables manquent à leurs devoirs », a insisté le patriarche Raï, dans une allusion à la crise gouvernementale qui est entrée dans son quatrième mois.
Après la messe, le patriarche Raï a reçu le président du parti égyptien al-Ghad, Ayman Nour, candidat libéral à la prochaine présidence égyptienne. Sur le modèle libanais, M. Nour envisage la tenue, au Caire, d’un sommet religieux islamo-chrétien au cours duquel les chefs religieux égyptiens poseraient les fondements d’une convivialité apaisée et d’un pluralisme politique avancé, qui accorderait la primauté au respect des libertés et de la Constitution.

Visite aux vestiges de Jbeil
M. Raffarin a visité dans l’après-midi les magnifiques vestiges archéologiques de Jbeil.
Notons que le vice- président du Sénat animera cet après-midi dans l’auditorium du campus de l’innovation et du sport de l’USJ une rencontre-débat sur le thème : « Francophonie et monde arabe ».
Les organisateurs de cette rencontre assurent de l’importance de ce thème à une époque où l’espace francophone s’appauvrit, en qualité, et se rétrécit du fait de la concurrence de l’anglais. « Certes, disent-ils, une certaine opinion se rassure en affirmant que la francophonie a encore de beaux jours devant elle, et qu’il existe une élite qui maintient vivant l’amour de cette langue. Est-ce une raison pour négliger de prendre les mesures nécessaires pour maintenir la tradition francophone vivante et pour la valoriser par tous les moyens possibles ? Globalisation ne doit jamais signifier uniformisation », concluent-ils sur ce point.

Source: L’Orient Le Jour