« Paralyser les institutions n’est pas un acte politique, mais du vandalisme », affirme Raï

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20/05/2011

Mgr Raï a été accueilli à sa descente d’avion par le ministre Sélim Sayegh, représentant le chef de l’État.

Mgr Raï a été accueilli à sa descente d’avion par le ministre Sélim Sayegh, représentant le chef de l’État.

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a regagné hier Beyrouth au terme d’une visite au Vatican où il avait participé aux travaux du Conseil qui avait été formé après le synode pour le Moyen-Orient, afin de préparer la mouture de l’Exhortation apostolique. Une deuxième réunion est prévue au début du mois de juillet afin de mettre la dernière main au texte qui sera par la suite présenté au pape Benoît XVI.
Un accueil officiel a été réservé à Mgr Raï, qui a été salué à sa descente d’avion par le ministre sortant des Affaires sociales, Sélim Sayegh, représentant le président Michel Sleiman, et par plusieurs autres personnalités sociales et cléricales. Répondant aux questions de la presse au sujet du gouvernement, il a exprimé ses regrets pour le retard pris dans la mise en place d’une nouvelle équipe ministérielle, mettant en relief « la régression économique accusée par le pays depuis jeudi, avec un recul de 2,5 % de la croissance et de 30 % du mouvement commercial ».
« J’aimerai poser la question suivante aux hommes politiques : veulent-ils détruire le pays ? Est-ce que l’action politique est synonyme de démembrement du Liban, de paralysie du pays, de l’État et des institutions, de mortification du peuple qu’on veut pousser à l’exode ? Ceci n’est pas de la politique mais du vandalisme. Je me permets de tenir ces propos en tant que citoyen libanais. (…) Qu’on me dise où est l’intérêt des Libanais dans ce genre d’attitude. Je pense que tous les Libanais fidèles tiennent le même discours. Ce qui se passe n’est pas de la politique, surtout que le monde arabe est en train de bouillir », a-t-il martelé. Et d’ajouter : « Ne nous sentons-nous pas concernés par ce cri lancé selon lequel l’État ne pourra pas payer les salaires de ses fonctionnaires après juin ? Qui est concerné ? Un individu doit assumer ses responsabilités ou se récuser. »
Mgr Raï n’a pas voulu commenter, en réponse à une question, la visite du sous-secrétaire général adjoint pour les Affaires du Moyen-Orient, Jeffrey Feltman, au Liban, se contentant d’indiquer que « le pays ne compte sur personne » et qu’il est « honteux qu’on puisse dire que les Libanais attendent des instructions de l’extérieur ».
Interrogé au sujet des assises chrétiennes de Bkerké, il a confirmé qu’elles auront lieu le 2 juin et qu’elles seront élargies et non pas limitées aux quatre pôles chrétiens qui s’étaient retrouvés autour du patriarche à Bkerké, il y a quelques semaines, à savoir les chefs des Kataëb, Amine Gemayel, du CPL, le général Michel Aoun, des Forces libanaises, Samir Geagea, et des Marada, Sleimane Frangié. Selon ses explications, ces assises ne sont que le point de départ d’autres encore plus élargies « pour arriver au grand cercle qu’est la société libanaise ». En soirée, on apprenait que le patriarche avait envoyé l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, auprès du député et chef du PNL, Dory Chamoun.
Concernant le sommet islamo-chrétien, le patriarche a rappelé que toutes les communautés s’étaient entendues pour nommer chacune deux représentants à « une sorte de commission qui œuvrera en vue de la communion et de l’amour, pour ne pas dire réconciliation, qui est un terme difficile ». Il a aussi rappelé la volonté de tenir des réunions régulières. Le prochain sommet, a précisé Mgr Raï, se tiendra dès que l’ordre du jour sera déterminé. « L’important reste d’œuvrer pour parvenir à une véritable unité libanaise pour que le pays reste un modèle de coexistence », a-t-il dit.
Source: L’Orient Le Jour