Yolla Khalifé entre airs traditionnels et chansons douces arabes

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16/05/2011

Nouveaux CD dans les bacs

Un bouquet de chansons pour Yolla Khalifé, la femme de Marcel Khalifé, brillant « oudiste » mais surtout l’un des plus populaires chanteurs du monde arabe. Entre airs traditionnels et chansons douces ou sentimentales, en langue arabe, Yolla Khalifé propose, à travers des mélodies feutrées, un voyage sonore, tendre et fluide pour une voix chaleureuse, une sensibilité vive et des intonations justes.
Douze chansons réarrangées par Marcel Khalifé et son pianiste de fils (excellent jazzman aux improvisations bien corsées et interprète inspiré de Prokofiev) pour les intermittences du cœur, certes, mais aussi pour cerner l’affection d’une mère ou l’amour des paysages de Jezzine.
Douze chansons loin des criailleries et rythmes tapageurs des tubes « chabablaki » actuels, terme qui fait rage pour expliquer l’engouement intempestif des jeunes pour des ritournelles faciles et formatées pour le déhanchement et qui font pourtant ravage et tabac dans le monde arabe et tirent l’art de chanter, sérieusement, vers le bas…
Doigté dans les cadences et percussions pour un chant empreint de nostalgie, d’une certaine mélancolie mais aussi de sensualité et de féminité, avec des mots délicatement chargés souvent de poésie.
Du traditionnel « youmma, mawal el-hawa » aux « buzzalouf, alalmani et dalawna » en passant par les complaintes de l’amour, de la solitude, une berceuse et certaines « muwashahats », la musique et le chant arabes ici sont un « tarab » de bon aloi. Une qualité de musique qu’on ne retrouve plus facilement sur un marché surchargé d’airs clinquants et éphémères.

E.D.