La femme au Liban

18/05/2011 – Yara JREISSATY SOUAID

Dans quelle mesure la condition des femmes au Liban a-t-elle évolué ? Et son rôle a-t-il changé dans les vingt dernières années ?

Depuis des siècles, les femmes dans le monde entier ont cherché à obtenir la reconnaissance de leurs droits et l’égalité avec les hommes. Ce principe républicain ne s’est pas encore concrétisé dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale. Alors, où se place la femme libanaise par rapport à ce tracé ? A-t-elle accédé à l’égalité avec l’homme ou bien est-elle encore prisonnière des traditions ?

En ce qui me concerne, je crois que le problème de l’émancipation de la femme libanaise ne date pas depuis longtemps ; hier encore, la femme était très attachée aux traditions et se complaisait d’être la mère et l’épouse, tandis que l’homme avait à lui seul les responsabilités économiques, sociales et politiques. Mais dès le début des années quatre-vingt, la femme a conquis des postes prestigieux et a réussi à briguer les meilleurs emplois, réservés jusqu’alors exclusivement aux hommes (directrices de banque, d’entreprise…) Cependant, ce progrès, bien que spectaculaire, dissimule mal les combats à mener pour l’égalité des salaires ou la participation dans la vie politique. C’est vrai que les femmes sont devenues citoyennes à part entière à la libération, elles sont pourtant encore faiblement représentées dans les différents institutions et lieux de pouvoir de la vie politique libanaise. La résistance des assemblées parlementaires et des partis politiques à ces évolutions traduit la misogynie du personnel politique à l’égard de la femme destinée toujours aux tâches subalternes ou domestiques. Bon, évidemment, Nayla Mouawad a été désignée ministre des Affaires sociales, suivie de Bahia Hariri, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, et actuellement Raya el-Hassan, ministre des Finances. De même, trois ou quatre femmes ont été élues comme députées, ce qui confirme le progrès galopant et l’évolution récente de la condition féminine, spécialement dans la vie politique. Peut-être faudra-t-il dire un jour « Madame la Présidente de la République ? » Malgré le rôle efficace de la femme concernant les différents domaines dans lesquels elle a fait preuve de beaucoup de compétence, d’intelligence et de persévérance, il me semble qu’elle est toujours privée de ses droits concernant le divorce par exemple dont les conséquences sont néfastes du point de vue dédommagement moral et matériel, allocation… Outre ses sentiments qui sont bafoués et ridiculisés, de même le mépris de la société tout entière à son égard. Donc, finalement je peux conclure qu’il existe une tendance novatrice du rôle de la femme se manifestant comme un élément actif de la société, s’imposant dans la vie pratique, ce qui a entraîné un changement de son statut mais bien sûr pas à tous les niveaux. Demain sera-t-il la promesse d’un jour nouveau où l’homme au Liban traite la femme à titre d’égalité ? On ne peut qu’espérer !