Gibran et son monument, toujours sur l’agenda américain

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Par Irène MOSALLI | 14/05/2011

Le monument (œuvre du sculpteur américain Goldon Kray) placé sur la plus belle des avenues.

Le monument (œuvre du sculpteur américain Goldon Kray) placé sur la plus belle des avenues.

Célébration « Le Prophète » n’a jamais cessé d’être publié aux USA depuis sa parution, en 1923. On n’oublie pas non plus le monument dédié à son auteur, récemment remis à neuf.

Il y a vingt ans, le président George H. W. Bush père inaugurait à Washington un monument dédié à Gibran Khalil Gibran situé dans Massachussetts Avenue, l’une des plus belles artères bordées des résidences du corps diplomatique. Avait notamment participé aux préparatifs, à l’époque, un jeune diplomate libanais, nommé Antoine Chédid. Aujourd’hui, Antoine Chédid est l’ambassadeur du Liban à Washington et il vient de donner le coup d’envoi de la remise à neuf de ce même site. À cette occasion, il a notamment dit: «Le temps a marqué les êtres humains et la matière, affectant ce beau mémorial. Aujourd’hui, il reprend son éclat et se fait accueillant.» Soulignant que ceux qui connaissent l’importance du legs spirituel et intellectuel de Gibran ne peuvent ignorer l’impact de sa pensée aux USA. De même que son influence sur le Liban et le monde arabe.
Puis il a remercié les responsables américains, en particulier le secrétaire d’État au transport, Ray Lahood (d’origine libanaise), le secrétaire à l’Intérieur, Ken Salazar, et les responsables du Service des parcs nationaux pour leur contribution à cette initiative, portée par l’Arab American Foundation, la Fédération des clubs syro-libanais et l’ambassade du Liban.

Poète de la mondialisation
Et il a eu une attention particulière à Sheryl Ameen, une historienne d’art d’origine libanaise, qui s’était beaucoup impliquée dans la célébration du centenaire de la naissance du grand poète, en1983, et de l’édification de ce monument. À noter qu’une loi, votée par le Congrès américain, avait ainsi permis que l’auteur du Prophète soit ainsi honoré en plein cœur de la capitale.
L’ambassadeur Chédid a fait également remarquer «qu’en cet âge de la mondialisation, Gibran demeure le poète mondial par excellence». Il était bien en avance sur son temps, avec une vision poétique qui mettait en garde contre toute forme de division. Le Liban pour lui? Plus qu’un lieu géographique à la croisée des anciennes civilisations: une terre qui représente l’unité dans la diversité. La mère patrie était toujours vivante dans son cœur, alors que son amour pour sa patrie d’adoption, les États-Unis, lui a permis d’atteindre la gloire et de prouver son amour pour le monde entier. Il avait écrit: «Je suis tout émotion quand je pense à mon lieu de naissance. J’aime le lieu de ma naissance, avec cet amour de ma terre. J’aime mon pays avec cet amour pour le monde, mon chez-moi.»
L’Amérique a taillé son génie et lui a ouvert de nouveaux horizons spirituels et intellectuels. Mais il était avant tout un citoyen du monde.
Le monument dédié à Gibran est l’œuvre d’un sculpteur américain, Gordon Kray, qui l’a conçu pour qu’il se fonde avec l’environnement verdoyant où il est placé.

Source: L’Orient Le Jour