Samir Frangié : Les chrétiens de Syrie doivent se dissocier du régime actuel

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10/05/2011

Les chrétiens de Syrie doivent se dissocier clairement du régime du président Bachar el-Assad, estime l’un des piliers du 14 Mars, Samir Frangié, qui a confié au correspondant du Nouvel Observateur ses réactions aux bouleversements qui se produisent en ce moment en Syrie :

« Ma mère était d’Alep. Je sais les craintes des chrétiens de Syrie. Je sais pourquoi beaucoup redoutent un changement de régime à Damas. C’est vrai que, bien qu’il ait bombardé les chrétiens du Liban, le pouvoir syrien n’a pas tourmenté cette communauté chez lui. Il l’a laissée tranquille. Il a ménagé les représentants des églises. C’était bon pour son image de marque à l’extérieur. »

Mais aujourd’hui s’associer à ce système tortionnaire dont les gens ne veulent plus, c’est risquer d’être emporté avec lui, de payer le prix fort quand il tombera. Et il tombera, dans une semaine, dans un mois ou dans un an ! Pour Bachar, les jeux sont faits.

Dit et non-dit

« Chrétiens de Syrie, n’ayez pas peur de la révolution ! Je ne dis pas  » prenez la tête des manifestations ». Mais c’est le moment d’exprimer des positions de principes simples et forts. De dire que les chrétiens arabes sont enthousiasmés par les bouleversements en cours. Dire qu’ils ont un rôle fondamental à jouer dans ce nouveau monde arabe, leur monde.

« Bien sûr, je comprends que les intellectuels chrétiens en Syrie éprouvent des difficultés à parler ouvertement aujourd’hui. Mais ceux de la diaspora, en Europe, aux États-Unis, devraient s’exprimer. Dire maintenant leur foi dans le nouveau monde arabe.

« Oui, il y a des risques, des risques engendrés par l’échec dramatique d’Assad. Après sa chute, il y aura une lutte politique à mener pour promouvoir la démocratie, le pluralisme, l’ouverture vers le monde. Comme après la chute du mur de Berlin, il a fallu des années avant que la démocratie et le respect des droits de l’homme ne prennent racine dans l’ancien Empire soviétique. Les chrétiens doivent prendre toute leur place dans cette bataille pour la convivance (magnifique substantif que l’Académie française a récemment adopté) entre les différentes communautés. Rien n’est gagné. Mais tout est possible. »

Source: L’Orient Le Jour