Raï salue la rencontre quadripartite de Bkerké : « Nous devons détruire tout ce qui nous divise »

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29/04/2011

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a mis en exergue hier à Bkerké l’importance de la rencontre des quatre pôles maronites survenue à la veille des fêtes pascales pour transcender les divisions interchrétiennes et pouvoir, de ce fait, jouer un rôle plus efficace sur la scène locale et régionale.

Devant une délégation de Zghorta et d’Ehden présidée par Mgr Samir Mazloum, vicaire patriarcal de Zghorta, Mgr Raï a d’abord rendu un vibrant hommage à cette région, avant de mettre en relief la nécessité pour les chrétiens « de renforcer leurs liens verticaux avec Dieu afin de pouvoir réhabiliter les liens horizontaux qui les unissent entre eux ». Cela est d’autant plus nécessaire que le monde arabe est soumis à de terribles épreuves actuellement, a-t-il dit. « Nous suivons non sans crainte les problèmes du monde arabe, qui aspire à ce que le Liban, malgré sa faiblesse et sa petitesse, soit une capitale stable sur le plan social et politique », a indiqué Mgr Raï.

« En tant que chrétiens, nous avons un rôle important en ce qui concerne la préservation de notre présence active et efficace au Liban, de la cohésion libanaise avec nos frères musulmans, de l’égalité, la collaboration et la coopération entre nous. Nous pouvons mettre en pratique ce message dans l’ensemble du monde arabe. Nous savons tous qu’il existe aujourd’hui un très grand conflit entre nos frères musulmans sunnites et chiites, que ce soit dans les pays arabes ou au Liban, et ils ont le regard tourné vers l’Église en général et les maronites en particulier. Les musulmans ont applaudi comme nous, pour ne pas dire plus que nous, à cette simple rencontre qui s’est déroulée ici même entre les quatre pôles, qui ont tous affirmé être victimes d’une injustice », a souligné Mgr Raï. « Nous avons reçu aujourd’hui une délégation de Dar el-Fatwa qui nous a dit combien elle saluait cette rencontre quadripartite. Ce qui veut dire qu’en tant que maronites en particulier et chrétiens en général, nous avons un rôle fondamental au niveau de la vie commune avec nos frères musulmans dans l’égalité, dans la mesure où celle-ci n’existe nulle part ailleurs », a-t-il ajouté.

« Ce modèle devrait être proposé au monde arabe. Mais nous ne pouvons pas le pratiquer si nous sommes dispersés et victimes de nos conflits. Partant, nous avons beaucoup de travail. Nous avons besoin chacun de l’autre pour nous renforcer les uns les autres, et les hommes politiques doivent nous aider. Nous remercions Dieu pour la rencontre entre les quatre pôles, durant laquelle les responsables ont évoqué cette question et ont pu finalement dire que chacun d’entre eux a une option différente de l’autre, une option dont il est convaincu. Mais nous avons tous un seul point de vue pour préserver notre présence, notre décision et notre pensée chrétiennes ainsi que notre entité libanaise. Nous devons être complémentaires, pas en conflit. La chute de l’un signifie celle de l’autre. La victoire de l’un est celle de l’autre. Tels étaient les mots qu’ils se sont échangés. Cela est beau et important. Nous œuvrons pour le bien, nous sommes en concurrence en faveur de courants qui sont au service de l’homme et de la société. Il n’y a pas un seul chemin, mais plusieurs. Nous devons rester, pour cela, dans une mentalité démocratique, une mentalité où nous avons besoin les uns des autres, où notre rivalité est pour servir, servir la société, l’homme libanais, l’entité libanaise. C’est alors, et sur cette base, que les citoyens apprécieront leurs leaders. Nous avons besoin de détruire ce qui nous divise. La division est un signe de faiblesse et limite nos responsabilités en tant que chrétiens dans le monde arabe et au plan libanais. Les gens en ont ras-le-bol des conflits et des divisions. Ils ont perçu une lueur d’espoir dans cette rencontre maronite », a-t-il ajouté.

Signalons par ailleurs que Mgr Raï a reçu le président de l’association des wakfs iraniens, cheikh Ali Mohammadi, en présence de l’ambassadeur d’Iran, Ghadanfar Rokn Abadi.

Source: L’Orient Le Jour