Le cinéma libanais sur tapis rouge genevois

28/04/2011

De gauche à droite: Zahi Haddad, Nida Wakim, Bahij Hojeij et Élie Khalifé, réalisateur de «Ya Noosak».

De gauche à droite: Zahi Haddad, Nida Wakim, Bahij Hojeij et Élie Khalifé, réalisateur de «Ya Noosak».

Événement Du 11 au 17 avril 2011, le Festival international du film oriental de Genève (Fifog) a mis le cinéma libanais sous les feux de la rampe. Un focus qui a présenté une dizaine de films témoignant d’un certain renouveau du cinéma libanais. Retour sur images avec Zahi Haddad, fondateur de l’agence « le Z Link », qui a coordonné cette sélection libanaise.

Les cinq précédentes éditions du Fifog avaient jusque-là été assez timides avec le Liban. Dans la perspective de cette sixième rencontre, les organisateurs ont donc voulu étoffer la partie libanaise. Pour dérouler le tapis rouge, ils ont fait appel à l’agence «le Z Link» (www.lezlink.com), fondée par Zahi Haddad, Libano-Suisse très actif depuis plusieurs années dans le développement de projets culturels entre la Suisse et le Liban. Ce dernier a donc pris son bâton de pèlerin pour rencontrer réalisateurs, comédiens et producteurs: «L’enthousiasme était au rendez-vous et a abouti sur une merveilleuse rencontre cinématographique avec le public genevois», commente Zahi.

Un festival pour les minorités
Directeur artistique du festival, Tahar Houchi a d’emblée rappelé que cette sixième édition du Fifog était «dédiée à toutes les minorités qui constituent finalement la plus grande majorité du monde (…) Et il ne s’agit pas de parler uniquement en termes quantitatifs, mais surtout d’accès à l’image, comme c’est le cas des femmes ou des jeunes, par exemple.»
Côté libanais, Bahij Hojeij et Élie Khalifé ont respectivement présenté Chatti ya Dini et Ya Noosak devant un public enchanté par une belle diversité de styles et de thématiques. De la même façon, les productions de Zeina Daccache et de de Gaulle Eid, 12 Libanais en colère et Chou Sar? ont marqué les esprits. Au registre des courts-métrages, les quatre lauréats du dernier festival «…né à Beyrouth» étaient de la partie, de même que Un mardi de Sabine el-Chamaa. «Nous avons également voulu faire un clin d’œil au très frais Beirut I Love You (I Love You Not) de Mounia Akl et Cyril Ariss, qui a d’ailleurs remporté le Prix coup de cœur du comité du Fifog, raconte Zahi Haddad.

En attendant 2012
Le festival a aussi été l’occasion pour les metteurs en scène libanais de participer à une rencontre avec le public à la librairie arabe «L’Olivier». Tous ont rappelé les difficultés découlant du manque de moyens financiers et de structures de défense du cinéma libanais. Certains ont même évoqué l’introduction nécessaire de quotas pour promouvoir les productions locales. Malgré cette situation quelque peu alarmante, l’unanimité s’est aussi dégagée sur la qualité du public libanais, capable de s’intéresser à tout style et toute culture de cinéma, et pas seulement aux films venant de l’omniprésent box-office américain.
Plus encore, dans la foulée d’œuvres comme Bosta de Philippe Aractingi ou Caramel de Nadine Labaki, les œuvres libanaises «remportent de très beaux succès dans nombre de festivals internationaux et sont régulièrement récompensées», a commenté Bahij Hojeij. Elles démontrent un dynamisme à toute épreuve, même si «c’est à chaque fois une aventure et que nous devons être à la fois réalisateur, producteur, promoteur, best boy et j’en passe», s’est exclamé Élie Khalifé.
Un cinéma en plein renouveau donc, qui s’appuie beaucoup sur les financements et les festivals étrangers. Et qui vient de passer par Genève. «Pour 2012, j’espère que nous pourrons faire mieux, avec une sélection encore plus étoffée et structurée», ajoute Zahi Haddad.
De belles perspectives d’avenir, en attendant de nouvelles images partagées entre deux Suisses qui se cherchent toujours un peu.

Pour plus d’informations
www.fifog.com et
www.neabeyrouth.org

Source: L’Orient Le Jour