Des dizaines de cigognes abattues au-dessus du Liban-Nord

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28/04/2011

Torse nu et cigarette au bec, il exhibe fièrement son gibier illégal...Photo Amer Zeineddine

Torse nu et cigarette au bec, il exhibe fièrement son gibier illégal...

Des dizaines de cigognes ont été abattues au cours de leur survol du Liban-Nord, qui fait partie de leur itinéraire de migration, par un prédateur, qui n’a même pas hésité à exhiber fièrement ses photos avec ses « trophées » sur Internet.
Ce carnage, indique notre correspondant Amer Zeineddine dans le Chouf, a suscité une vague d’indignation dans les milieux écologiques, non seulement à cause de la violation de la loi interdisant la chasse, mais parce que les cigognes font partie des oiseaux migrateurs protégés par des conventions internationales, qu’elles ne sont pas de surcroît comestibles et qu’il est impossible de les confondre avec d’autres gibiers de chasse.
Au Liban, il est strictement interdit de les abattre, mais profitant de l’absence de l’État, les chasseurs et prédateurs sévissent aux quatre coins du pays, ce qui a poussé diverses associations écologiques à se mobiliser pour obtenir le respect des accords conclus par le gouvernement avec certains États dans le domaine de la protection de la vie sauvage.
Le directeur du projet des oiseaux migrateurs du Pnud auprès du ministère de l’Environnement, Sélim Hamadé, a ainsi stigmatisé « une violation flagrante et criminelle des oiseaux migrateurs lors de leur passage au-dessus du Liban », alors que le directeur de la réserve des cèdres du Barouk, Nizar Hani, soulignait l’importance de ces espèces pour la diversité biologique. Il a ainsi expliqué que le Liban est considéré comme un couloir important pour les oiseaux qui franchissent chaque année la Méditerranée entre l’Europe et l’Afrique. Plus de 370 espèces ont été répertoriées, dont plusieurs s’installent au Liban pour y construire leur nid. En fait, précise M. Hani, le Liban est considéré comme le deuxième couloir le plus important pour ces oiseaux migrateurs, après Cuba, située entre les deux Amériques.
Mais le braconnage les met en danger et porte atteinte à la diversité biologique. « Nous tuons les oiseaux alors que le monde entier vient de célébrer l’année de la diversité biologique et célèbre en 2011 l’Année mondiale des forêts », a-t-il déploré.
Source: L’Orient Le Jour