Raï, à Rome, s’attelle au rajeunissement du synode de l’Église maronite

Non classé

Par Fady NOUN | 13/04/2011

Place au travail. La seconde journée du patriarche Raï à Rome a été consacrée à une rencontre au Conseil pontifical des Églises orientales, avec le cardinal Leonardo Sandri. Une réunion consacrée notamment au prochain synode annuel de l’Église maronite qui doit élire neuf nouveaux évêques, y compris un nouvel évêque pour le diocèse de Jbeil, en remplacement du patriarche Raï, et deux vicaires généraux. L’enjeu, on s’en doute, est le rajeunissement du synode de l’Église maronite et l’arrivée d’un sang neuf capable de mettre à exécution l’aggiornamento de l’Église maronite décidé par le synode patriarcal maronite (équivalent de concile) qui s’est tenu entre 2003 et 2006. Cet aggiornamento prévoit notamment la nomination d’un secrétaire d’État pour le siège patriarcal : le nom le plus souvent cité pour occuper ce siège, c’est l’évêque d’Antélias, Youssef Béchara, un homme qui a joué un rôle-clé dans le synode patriarcal.

Ces décisions peuvent paraître bien humaines. Pourtant, elles ne le sont pas entièrement. À travers elles agit une puissance qui dépasse celle des hommes et touche à l’invisible. C’est pour examiner les moyens de rester fidèles à leur vocation que se rencontrent les deux Églises sœurs : vocation à être « le sel de la terre », le sel qui rachète le goût d’inanité de cette aventure sanglante « pleine de bruit et de fureur » qu’est l’histoire.

On ne pouvait s’empêcher hier de rapprocher la présence à Rome du patriarche Raï et sa tâche apparemment prosaïque de la frivole image de Laurent Gbagbo en bretelles au moment de son arrestation. C’est donc à cause de cet homme-ci que des centaines de personnes viennent de donner leur vie ? Qu’un million de personnes viennent d’être déplacées ou de tout perdre, que des centaines de mères pleurent aujourd’hui la mort d’un fils ou d’un époux ? Voilà bien illustrée l’inanité d’une histoire à laquelle d’antiques Églises sœurs cherchent à donner un autre sens. Avant de nous battre pour quelqu’un, il faudrait toujours l’imaginer en bretelles.

En fin de journée, le patriarche a assisté à une réception donnée en son honneur par l’ambassadeur du Liban au Vatican, Georges Khoury, dans un grand hôtel de la capitale italienne. Aujourd’hui, le patriarche maronite rencontrera le secrétaire d’État au Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, et sera l’hôte d’une réception en son honneur donnée par la Fondation maronite dans le monde. Lundi soir, le patriarche Raï avait rencontré le ministre italien des Affaires étrangères, Fernando Frattini.

Source: L’Orient Le Jour