Raï aujourd’hui à Rome

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11/04/2011

Mgr Raï accueilli par les enfants de Hemlaya, son village natal.

Communautés Le patriarche maronite prend l’avion aujourd’hui pour Rome, à l’issue de deux journées de visites pastorales dans le diocèse d’Antélias.

Élu le 15 mars dernier, le patriarche Béchara Raï prend l’avion aujourd’hui pour Rome où il doit rencontrer le pape Benoît XVI et prendre ses premiers contacts officiels en tant que patriarche avec les dicastères du Saint-Siège. Le patriarche prend l’avion à la tête d’une délégation de 14 évêques. Le patriarche Sfeir, auquel il a succédé, ne sera pas du voyage.

Mgr Raï rencontrera le pape jeudi, au cours d’une réunion revêtue d’un caractère solennel, où la communion entre l’Église maronite et l’Église universelle, représentée par le Saint-Siège, sera réaffirmée. Vendredi, cette communion sera consacrée officiellement par une messe que célébrera le nouveau patriarche sur l’autel du Saint-Esprit, dans la basilique Saint-Pierre.

Auparavant, le patriarche Raï sera l’hôte des divers ordres religieux ayant des maisons à Rome, les mariamites d’abord, ordre auquel appartient le nouveau patriarche, les antonins, le Collège maronite et la Fondation maronite dans le monde.

Le diocèse d’Antélias
Le voyage du patriarche Raï intervient au terme d’une visite pastorale de deux jours du diocèse d’Antélias. Au programme de ces journées, une visite, samedi, à Kornet Chehwane, cœur du diocèse et lieu de résidence de son évêque, Mgr Youssef Béchara, et des visites dimanche à Bickfaya, Hemlaya, village dont il est originaire et terre natale de l’une des grandes saintes de l’Église maronite, sainte Rafka, Aïn el-Kharroubé, où il a célébré le jubilé d’or de l’ordination épiscopale de Mgr Boutros Gemayel, ancien évêque maronite de Chypre, en présence du nonce apostolique, Gabriele Cascia, et Aïn Alak, où il a consacré l’autel d’une église dédiée à la Vierge, après rénovation.
À Kornet Chehwane, le nouveau patriarche s’est engagé, en présence de Mgr Youssef Béchara, à mettre en œuvre les réformes de structures décidées au cours du synode patriarcal maronite (2003-2006).

Samy Gemayel
En marge de la cérémonie religieuse qu’il a célébrée à Mar Abda, à Bickfaya, le patriarche Raï a notamment reçu un appui chaleureux de la part de Samy Gemayel, coordinateur du comité central du parti Kataëb, à tous ses efforts au service de l’intérêt supérieur des chrétiens : « Nous comptons sur vous pour réunir tout le monde sous votre autorité. Certes, nous sommes une société libre, et dans de telles sociétés, les divergences politiques sont inévitables, à condition que rien ne porte atteinte à l’intérêt supérieur des chrétiens, et nous sommes convaincus que vous œuvrerez au service de ces intérêts. »
À la surprise générale, M. Gemayel a demandé au nouveau patriarche de veiller sur sa sécurité. Il a affirmé : « Vous êtes, à nos yeux, en tête de la marche ; et c’est une grande gloire que vous soyez notre patriarche. Nous souhaitons que vous preniez garde à votre sécurité, car c’est la première fois que nous avons le sentiment que les choses vont dans le sens que nous avons longtemps souhaité. »
La veille, au cours de la rencontre au diocèse de Kornet Chehwane, M. Gemayel avait souhaité que la « communion » dont parle le patriarche Raï dans sa devise « unisse les chrétiens et les musulmans ».
Pour sa part, le patriarche avait invité les leaders politiques au dialogue, en sorte que leur présence soit consolidée au Liban et dans le monde de l’émigration, soulignant que « le pays ne peut s’arrêter indéfiniment sur le clivage entre 8 et 14 Mars ».
Pour sa part, le président Gemayel avait invité le patriarche à « unifier les rangs chrétiens » et exprimé son appui à tout ce qu’il entreprendrait.

Les religieux consacrés
Samedi, avant sa tournée pastorale, le patriarche avait rencontré le patriarche des arméniens-catholiques, Nersès Bedros, et présidé une messe solennelle dans la chapelle extérieure du siège patriarcal, pour les religieux consacrés des divers ordres maronites masculins et féminins.
La rencontre a été marquée par la volonté de coopération entre le patriarcat et les ordres religieux maronites, traditionnellement en concurrence sur certains terrains pastoraux. Un « esprit nouveau » sans doute dû au fait que le nouveau patriarche est lui-même issu, exception dans la vie patriarcale, d’un ordre religieux.

Source: L’Orient Le Jour