L’ignorance derrière le fort taux de diabète dans la région MENA

04/01/2011

Pour prévenir le diabète, il est important d’adopter une bonne hygiène de vie, basée sur une alimentation saine et une activité physique régulière.  Photo www.dietetique-dieteticienne.com

Pour prévenir le diabète, il est important d’adopter une bonne hygiène de vie, basée sur une alimentation saine et une activité physique régulière. www.dietetique-dieteticienne.com

Maladies chroniques Une étude menée dans dix pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) met l’accent sur l’importance des campagnes de sensibilisation au diabète.

Près de 40 % des personnes vivant dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) sont à risque de développer le diabète. Les taux diffèrent toutefois d’un pays à l’autre. Ce chiffre s’élève ainsi à 45 % au Liban, contre 54 % en Égypte, 52 % en Arabie saoudite, 44 % en Irak et 42 % dans les Émirats arabes unis.
C’est ce qui ressort notamment d’une étude globale réalisée en octobre dernier auprès de 3 000 personnes dans dix pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord : Algérie, Égypte, Iran, Irak, Jordanie, Liban, Maroc, Arabie saoudite, Tunisie et Émirats arabes unis.
L’étude, menée par l’institut de sondages Ipsos Emirates Health, avait pour but d’évaluer le niveau d’information et de sensibilisation au diabète (causes, complications et risques de la maladie), et d’enquêter sur les risques de développer la maladie au sein de la population interrogée.
Selon cette étude, 80 % des personnes interrogées ignorent qu’elles sont à risque de développer le diabète et 37 % des personnes à risque (en raison d’une histoire familiale, de l’obésité ou autres facteurs prédisposants) n’ont jamais effectué un test de dépistage de la maladie. Pire encore : près de 40 % de l’échantillon pris estiment que le diabète est une maladie bénigne ou qui pourrait être sévère dans certains cas.
Mais ce qui est encore plus préoccupant, ce sont les mythes qui entourent cette maladie. En effet, 31 % des Algériens interrogés croient que le diabète est une maladie contagieuse, 52 % de l’échantillon a affirmé, à tort, que les attaques cérébrales ne sont pas causées par le diabète. Par ailleurs, 39 % estiment que le stress est une cause majeure du diabète et plus de 60 % d’entre eux sont inconscients des complications du diabète comme l’insuffisance rénale, les maladies cardiaques, les attaques cérébrales, les amputations, la rétinopathie, etc.
En ce qui concerne la sensibilisation à la maladie et le niveau d’information, l’étude a montré que celui-ci est acceptable dans plusieurs de ces pays, mis à part l’Iran et l’Irak.
L’étude a conclu en insistant sur la nécessité de multiplier les campagnes de sensibilisation et d’information sur le diabète dans la région MENA.
La maladie
Il existe deux types de diabètes. Le diabète de type 1 qui apparaît chez les personnes jeunes, généralement moins de 30 ans, ayant des prédispositions génétiques. Dans cette forme de diabète, le système immunitaire fabrique des anticorps qui attaquent les cellules bêta du pancréas chargées de produire de l’insuline, créant un déficit en cette substance. Le traitement est exclusivement à l’insuline, qui doit être prise à vie.
Le diabète de type 2 constitue plus de 90 % des cas de diabète au monde. Il apparaît généralement après l’âge de 40 ans, mais de plus en plus diagnostiqué chez des personnes moins âgés (moins de 30 ans), en raison de l’obésité sans cesse croissante.
Cette forme de diabète se caractérise par une résistance à l’insuline. Pour combler ce déficit et éviter une élévation du taux du glucose dans le sang, le pancréas commence par en sécréter une plus grande quantité. Avec le temps, il s’épuise et la quantité d’insuline libérée devient insuffisante pour réguler le taux du glucose dans le sang. Une hyperglycémie chronique s’installe.
Les mêmes complications sont observées dans les deux types de diabètes, à savoir la rétinopathie (atteinte de la rétine entraînant une cécité), la néphropathie (insuffisance rénale), des complications microvasculaires et macrovasculaires, touchant respectivement les petits vaisseaux et les gros vaisseaux de l’organisme, des maladies cérébrovasculaires et vasculaires périphériques, atteignant les vaisseaux des jambes et ceux des extrémités.
Pour prévenir le diabète, les spécialistes conseillent d’adopter une bonne hygiène de vie, basée sur une alimentation saine pauvre en matières grasses et une activité physique régulière.
Le diabète est équilibré lorsque le taux du sucre est inférieur à 100 mg/dl à jeun et à 140 mg/dl après les repas. Il est important de mesurer tous les trois mois le taux de l’hémoglobine glycosilée (Hb1Ac), qui doit être inférieur à 7 %. Chez les diabétiques de type 2, il faudrait en plus que la tension soit équilibrée (13/8), que le mauvais cholestérol-LDL soit inférieur à 100 mg/dl et le bon cholestérol-HDL supérieur à 45 mg/dl chez les hommes et à 55 mg/dl chez les femmes, que le taux des triglycérides dans le sang soit inférieur à 150 mg/dl et que le tour de la taille soit inférieur à 94 cm chez les hommes et à 80 cm chez les femmes.
Source: L’Orient Le Jour