Aoun s’en prend au régime égyptien, à Harb, au Sérail et à Geagea

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05/01/2011

Le chef du Bloc parlementaire du Changement et de la réforme, Michel Aoun, a condamné hier l’attentat d’Alexandrie, s’en prenant au régime égyptien. « Ces incidents se sont produits en Égypte, l’État qui se dit « modéré » . Il semble que cette modération soit uniquement vis-à-vis d’Israël, et non du reste des composantes de la société égyptienne », a-t-il indiqué, à l’issue de la réunion de son bloc à Rabieh. « Mais qui sont les Égyptiens, à l’origine ? Ce sont les Coptes, musulmans et chrétiens. Il s’agit du même peuple », a poursuivi le général Aoun.
« Ce qui s’est produit est un crime contre l’humanité, puisqu’il est fondé sur une ségrégation religieuse et a visé exclusivement les Coptes chrétiens, alors même qu’ils ne sont en conflit avec personne, et qu’ils se différencient juste des autres Coptes par leur religion », a poursuivi Michel Aoun, faisant assumer à l’État égyptien la responsabilité de la sécurité des chrétiens d’Égypte. « Lorsqu’un État est incapable de préserver la sécurité d’un citoyen, c’est lui qui est le criminel », a-t-il noté, estimant que l’extrémisme religieux n’a rien à voir avec la religion ou avec les fondements de l’islam, et mettant cet incident sur le compte du « projet hostile qui n’a pas réussi à percer au Liban pour mettre en place un nouveau Moyen-Orient ».
Après avoir également condamné l’incident de Tripoli contre Fayçal Omar Karamé, Michel Aoun s’en est pris au projet de Boutros Harb sur l’acquisition et la vente de terrains. « Mis à part qu’il porte atteinte à la Constitution et au droit à la propriété, il est illégitime et contrevient aux constantes nationales. Le citoyen libanais a le droit d’acheter des terrains où qu’il le veuille », a-t-il dit, estimant que « ce ne sont pas les Libanais qui achètent les terrains les uns aux autres ». « Qui a acheté les grands terrains ? Qui est en contravention ? » s’est interrogé Michel Aoun, appelant l’État libanais et le ministère des Finances à assumer leurs responsabilités dans ce domaine, et à faire publier, de manière régulière tous les six mois, l’état des lieux fonciers par les registres concernés, notamment en ce qui concerne les ventes aux étrangers.
Le chef du CPL a ensuite dirigé ses foudres contre le Sérail concernant la montée du prix de l’essence, estimant que le ministère de l’Énergie n’en assumait pas la responsabilité. « Si vous voulez manifester contre l’augmentation du prix de l’essence, descendez au Sérail », a-t-il ajouté, avant de s’en prendre à nouveau au président du Conseil concernant le tracé des frontières maritimes pour l’exploitation du gaz. « Demandez à Souhail Bouji (le secrétaire général de la présidence du Conseil) et à son patron. Demandez-leur quelles sont les parties qui font pression sur le président du Conseil pour qu’il bloque » les formalités concernant le tracé de ces frontières.
Michel Aoun a enfin répondu au chef des Forces libanaises, Samir Geagea, qui avait critiqué, lundi à l’antenne de la MTV, « le lien entre une partie des chrétiens et la Syrie, d’où l’impossibilité d’une réconciliation interchrétienne ».
« Celui qui dit de telles choses, c’est celui qui a perdu la mémoire ou qui ignore tout de l’histoire et de la géographie. Sur quoi portait, à l’origine, mon contentieux avec la Syrie ? N’y avait-il pas une présence syrienne au Liban ? La Syrie s’est retirée du Liban. Faut-il bouter aussi le régime syrien hors de Damas ? Cela n’est pas notre affaire. Cette question a donc été réglée. Par ailleurs, quel peuple ou quel pays souhaiterait rester en état d’hostilité avec ses voisins, sans établir de bonnes relations avec eux ? » a-t-il indiqué.
Et de poursuivre, sur un ton ironique, en réponse aux propos de M. Geagea selon lesquels les options du chef du CPL sont « dangereuses pour les chrétiens » : « C’est parce que je mène une politique d’ouverture et de dialogue avec les autres composantes de la société et que j’ai ouvert les frontières avec la Syrie et d’autres pays (que je suis dangereux pour les chrétiens)… Oui, c’est vrai, la politique d’entente constitue un danger pour les chrétiens. Quant à la coordination avec les États-Unis et Israël, cela nous donne, en revanche, la sécurité absolue. »
« Malheureusement, ce sont les mauvaises options politiques en contradiction avec notre environnement qui constituent un danger pour les chrétiens. Les chrétiens doivent vivre dans leur environnement et avec les autres composantes de leur société », a-t-il conclu.

Source: L’Orient Le Jour