Pour 2011, Gemayel et Siniora prônent le dialogue, loin de la logique de la force et du blocage

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03/01/2011

Le leader du parti Kataëb et ancien président de la République, Amine Gemayel, a appelé à la tenue d’une « conférence nationale » pour faire face à la « discorde froide » à laquelle le pays est confronté.
M. Gemayel, reçu vendredi à Bkerké par le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a souhaité que la nouvelle année soit « porteuse d’espoir, de paix et de stabilité ». C’est pourquoi il a renouvelé son appel à la tenue d’une « rencontre nationale, le plus rapidement possible, pour que les leaders libanais se mobilisent afin de faire face aux différentes échéances ».
« Cette rencontre est nécessaire du fait des répercussions possibles du tribunal international et de l’acte d’accusation, a déclaré le leader des Kataëb. Les propos que nous entendons ne sont en effet guère rassurants. C’est pourquoi nous devons discuter tous ensemble de cette affaire pour qu’il y ait une position nationale, quel que soit le résultat. Le pays ne peut pas se stabiliser et il ne peut y avoir de véritable réconciliation que sur des bases réelles. Nous devons tous nous entraider pour que ce tribunal aboutisse aux résultats escomptés. C’est sur cette base que doit se réaliser la réconciliation à laquelle nous aspirons tous et pour laquelle nous œuvrons. Une rencontre nationale est donc nécessaire durant cette étape surtout pour assurer un suivi à toute décision qui émanerait sur ce plan », a déclaré l’ancien chef de l’État à l’issue de son entretien avec le patriarche maronite.
« Nous sommes actuellement face à une sorte de « discorde froide », qui se manifeste tous les jours à travers tout ce blocage des institutions libanaises, paralysées à l’heure actuelle, a ajouté le président Gemayel. Cette « discorde froide » est très dangereuse pour l’avenir du pays. Si nous n’y faisons pas attention, le temple peut s’effondrer sur nos têtes et il n’épargnera personne. D’où l’importance d’une rencontre nationale pour contenir les dangers de la « discorde froide ». Nul ne sait en effet où cette dernière pourrait nous mener. »
Le président Gemayel a enfin estimé que le 8 Mars prenait « ses désirs pour des réalités », concernant les résultats de l’initiative syro-saoudite. « Les désirs du 8 Mars sont connus et nous avons mis en garde contre eux, a-t-il souligné. Le 8 Mars, notamment le Hezbollah, et ses alliés, cherchent à imposer certaines conditions aux efforts arabes et internationaux en cours. Ils tentent d’imposer leur propre cahier des charges, pour que la solution découle de ce cahier. Toute personne qui n’accepterait pas ces conditions serait un traître ou serait en train d’œuvrer contre l’intérêt de son pays, selon eux. Ce qu’ils font, c’est une campagne psychologique de propagande, pour imposer leur point de vue comme par le passé. Notre expérience avec eux est amère de ce point de vue. Tout le monde se souvient comment certaines parties nous imposaient des conditions à leurs compromis. Cependant, nous ne pouvons accepter que la vérité totale pour déterminer qui a tué nos martyrs. Nous ne pouvons pas abandonner cette logique », a conclu le président Gemayel, en appelant au dialogue.

Siniora
De son côté, le député et ancien Premier ministre Fouad Siniora s’est voulu confiant dans son message aux Libanais vendredi, à la veille du Nouvel An. « Malgré les craintes et les apparences de confusion au Liban à plus d’un niveau, qui se manifestent dans la crise politique actuelle qui paralyse l’État et les affaires des citoyens, nous pouvons dire que nous ne sommes pas dans une situation dramatique, comme certains voudraient le montrer, a notamment déclaré M. Siniora. Nous faisons face à un test important et nous pouvons le dépasser en tant que Libanais et réussir à mener notre patrie sur la voie de la sécurité, la stabilité et la prospérité », a-t-il souligné.
« D’une part, il est clair que le monde passe encore par une période de transition dont il n’est pas sorti après la crise financière et économique, a relevé l’ancein Premier ministre. Il n’existe pas encore de signaux certains d’une reprise économique et financière certaine et rapide au plan mondial. De l’autre, le Liban, du fait de son appartenance au monde arabe, est au cœur d’une région ravagée par les crises. La question palestinienne continue de faire du surplace, d’un drame à un autre plus grave encore, tandis que les horizons d’une solution juste et globale restent bouchés », a poursuivi M. Siniora, évoquant également la situation dramatique en Irak, au Soudan, au Yémen et en Somalie. « Pour ces raisons, et d’autres aussi, nous devons nous calmer au Liban et être stoïques quant à la situation chez nous et dans la région, pour protéger notre pays des gouffres dangereux », a-t-il noté.
M. Siniora a appelé les Libanais à envisager les jours prochains sous le signe de l’espoir, insistant sur la nécessité de maintenir la culture du lien et du dialogue, de préserver la stabilité et de rester attachés, notamment, à l’accord de Taëf, à la convivialité islamo-chrétienne, à la parité au sein du régime démocratique parlementaire et au respect réel de l’alternance pacifique au niveau du pouvoir. « Nous savons que la majorité de nos problèmes restent sans solutions. (…). Mais nous devons prendre en considération le fait que notre intérêt national nous incite à éloigner notre pays des crises dont l’intensité s’amplifie dans la région », a-t-il ajouté, appelant à « résorber les craintes de toutes les parties libanaises, loin de la logique de la domination, de l’imposition, de la menace, des accusations de traîtrise et du blocage ».

Source: L’Orient Le Jour