Vous n’êtes pas « moches » mesdames, mais vous faites tout pour l’être

02/12/2010 – Par Asma El-KHAZEN

Je vous parle des Libanaises que nous croisons dans les rues, dans les grandes surfaces, que nous voyons sur les panneaux publicitaires, dans les revues, les magazines.
Le cliché de la femme faite, refaite et encore refaite, toujours imparfaite, pour ne pas dire insatisfaite.
Je vous parle des Libanaises à la fleur de l’âge, déjà ferventes adeptes de la chirurgie plastique : sourcils férocement tatoués, grosses lèvres cruellement charnues, joues luisantes et pommettes saillantes, la crinière bariolée, les griffes répugnantes…
Je vous invite vivement à vous rendre sur un stand « beauté » dans les grandes surfaces de la capitale et d’observer la physionomie des conseillères. Suis-je bien dans un espace beauté ? Mais quelle beauté prêcher ?
Sans être invité, vous avez sûrement été victime du matraquage publicitaire sur les autoroutes. Les chanteuses sur les panneaux, à susciter l’effroi et le dégoût au quotidien.
Et si, par mégarde, chez le coiffeur vous passez en revue les mensuels locaux, vous remarquerez l’énergie de ces femmes mondaines à déployer leurs charmes « au naturel ». Remarquablement bien polies, elles semblent avoir été coulées dans le même moule.
Une dure réalité… Des femmes qui se dénient, qui s’acharnent à s’approprier le visage d’une autre. Des femmes qui se cherchent à coups de scalpel et de bistouri.
Des femmes en proie au culte de l’image, qui tentent de la reproduire, mais en vain. Ce n’est que déception et triste défaite.
En somme, la Libanaise insiste à avoir le cheveu fin de la femme russe, les lèvres charnues de la femme africaine, le regard azur de la femme scandinave, la peau lisse de la femme asiatique et le petit nez, le plus petit nez de la femme qui n’existe pas.
En vous laissant imaginer le résultat…
Pauvres créatures à qui on ne cessera de dire que la beauté réelle est celle qui émane de l’intérieur.
Peut-être. Mais avant, que reste-t-il de la féminité ? De la vraie, de la fraîcheur, du naturel, de l’éclat, de l’harmonie des traits mûris par l’âge ? Rien.
À part un jeu sournois pour résister à la dure réalité du temps qui s’enfuit.

Asma El-KHAZEN pour L’Orient Le Jour